Lettre de Réjane Bain, membre du consistoire Soka du bouddhisme de Nichiren

Aux origines du bouddhisme, le bouddha Shakyamuni avait établi six pratiques requises pour les bodhisattvas du Mahayana.

Daisaku Ikeda les présente ainsi : « Selon la coutume, il s’agit des Six Paramita, ou actions vertueuses conduisant à l’illumination : le don, l’observation des préceptes, la persévérance, l’assiduité, la méditation et la sagesse. Parmi celles-ci, la plus importante est dana ou le don… »1

En quoi le don est-il une pratique essentielle pour parvenir à l’éveil ?

Dans Le don de riz, Nichiren écrit : « Ce qui est approprié pour les hommes du commun, c’est (…) offrir sincèrement ce qui est important pour sa propre vie. (…) Vous devriez donc en déduire que le riz n’est pas seulement du riz ; c’est la vie elle-même. » (Écrits, 1132)

À l’époque, le don matériel pouvait être un don en nature. Aujourd’hui, le don d’argent permet à la Loi de perdurer à travers les activités de notre mouvement et aux pratiquants d’en profiter pleinement. Cependant, la valeur du don ne dépend pas du montant mais davantage de l’esprit qui le motive et d’une foi sincère. Nichiren écrit : « Les racines de bien ne dépendent pas de la valeur ou de la modestie des dons. » (Les racines du bien, Écrits, 1109)

Que l’on offre son temps à travers la pratique et les activités ou que l’on offre de l’argent, l’intention est la même : consacrer sa vie à la réalisation de kosen rufu. Ce but donne toute sa valeur à nos actions. Nichiren écrit à son disciple Abutsu-bo : « Vous pensez peut-être avoir fait des offrandes à la Tour aux trésors de l’Ainsi-Venu Maints-Trésors, mais il n’en est rien. C’est à vous même que vous faites ces offrandes. » (La Tour aux trésors, Écrits, 301) Et à son disciple Myomitsu, concernant la pratique du don : « En permettant à un autre de subsister, vous obtenez trois sortes de bienfaits. D’abord, vous soutenez votre propre vie. Deuxièmement, votre visage prend des couleurs. Troisièmement, vous gagnez en énergie. » (Les bienfaits du Sûtra du Lotus, Écrits, 672)

Dans les débuts du mouvement au Japon, les activités étaient financées par les présidents Makiguchi et Toda, soucieux « de ne pas imposer de contrainte financière aux pratiquants ». Mais, après le 3 mai 1951, répondant à la forte sollicitation de plusieurs pratiquants, le président Toda constitua un « groupe de financement ». Après beaucoup d’hésitations, à son tour, Daisaku Ikeda décida de permettre à tous les pratiquants de soutenir le mouvement grâce à un don d’argent. Cet épisode est relaté dans La Nouvelle Révolution humaine.2

Aujourd’hui, il est important de permettre à chaque pratiquant de préserver l’esprit originel du don et d’en approfondir le sens et la portée, à travers le dialogue et le partage d’expériences, en nous inspirant mutuellement.

Merci à chacune et à chacun pour tous vos efforts !


Notes

  • 1. Une histoire du bouddhisme Mahayana, de l’Inde à la Chine, Les Indes savantes, p. 72.
  • 2. Vol. 4, chapitre « Triomphe », Acep, p. 114-124.
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