En bouddhisme, le maître est comme l'aiguille, le disciple comme le fil. [DR]

La voie bouddhique consiste à élargir son humanité. Cela implique non seulement de relever ses propres défis, afin de grandir et se développer personnellement, mais aussi d’agir pour le bien des autres. Parce que c’est une voie difficile, s'appuyer sur l'exemple de son maître bouddhique, lorsqu’on traverse un moment critique, peut aider à faire un pas courageux et surmonter ses limites.

Un modèle dans la foi

Ainsi, la relation avec le maître aide le disciple à continuer de progresser, en dépit des entraves et des illusions du cœur humain : la peur, l’arrogance, la paresse, etc. Un maître aide son disciple à percevoir et déjouer ces obstacles et à les affronter avec courage. Il offre un modèle, un repère, dans la pratique bouddhique. Pour autant, cela ne veut pas dire que le disciple doive chercher à l’imiter. Mais plutôt, en apprenant de lui, il s’efforce d’appliquer son enseignement dans les conditions et circonstances qui lui sont propres. Il exprime ainsi ses traits de caractères et qualités uniques. C’est en intériorisant l'esprit du maître, et non en singeant son apparence, que le disciple peut se développer, bien au-delà de ce dont il se croyait capable. La relation bouddhique de maître et disciple est une voie courageuse de découverte de soi – elle n’est ni imitation ni assujettissement. Et elle dépend, en définitive, entièrement du disciple.

Un maître authentique

Quels sont donc les critères qui permettent de distinguer un maître bouddhique authentique ?

Le premier est son intention fondamentale, l'idéal auquel il consacre sa vie. Quel est l’idéal le plus élevé ? Dans le bouddhisme de Nichiren, c’est celui d’établir la paix et le bonheur de tous les êtres humains.

De plus, un maître véritable s’efforce, tout au long de sa vie, de continuer à rechercher la vérité et à développer sa sagesse. C’est tout le contraire de l’attitude de quelqu’un qui estime tout savoir et dispense ses connaissances de manière unilatérale. Ce type de personne tendra également à conforter son statut en mystifiant l’enseignement, ou en restreignant l’accès à quelques disciples privilégiés, plutôt que de le partager avec tous.

Au contraire, un maître authentique souhaite profondément être dépassé par ses disciples. Dans le Sûtra du Lotus, cela est reflété par le fait que les bodhisattvas sortis de la terre sont dotés d’une apparence encore plus splendide même que celle leur maître, Shakyamuni. Ce cycle expansif de développement et de transmission entre maîtres et disciples permet à une tradition vivante de croître, tout en s’adaptant aux nouvelles époques et à des contextes différents.

Maîtres et disciples de Soka

Dans le mouvement Soka, c’est le lien profond de maître et disciple – en particulier entre les trois premiers présidents fondateurs – qui a été le moteur du développement continu de l'organisation. Chaque président successif a agi en se fondant sur la vision de son prédécesseur, qu’il a minutieusement développée afin de former un mouvement capable d’accueillir, d’aider et de responsabiliser le plus de personnes possibles, dans toute leur diversité.

Tsunesaburo Makiguchi et son disciple, Josei Toda, furent emprisonnés pour avoir refusé de compromettre l'intégrité des enseignements du bouddhisme, sous la pression du gouvernement militariste japonais durant la guerre.

Puis, après-guerre, l’actuel président de la SGI, Daisaku Ikeda, a œuvré en lien étroit avec son maître, Josei Toda, de façon à permettre à des millions de Japonais de transformer positivement leur vie. Il a, à son tour, étendu la vision héritée de ses maîtres et a porté le mouvement au-delà de sa dimension strictement religieuse, pour en faire un mouvement humaniste mondial pour la promotion de la paix, de la culture et de l'éducation.

Il décrit ses actions de toute une vie comme un effort pour éveiller les autres à ce qu’une personne peut accomplir sur la base de l'esprit d’unité de maître et disciple. Il a fréquemment exprimé sa détermination à ouvrir de nouvelles voies sur des questions d’ordre social ou de problématiques planétaires, dans lesquelles pourront s’engager pleinement les disciples des générations futures. « La relation entre le maître et le disciple, écrit-il, peut être comparée à celle entre l'aiguille et le fil à coudre. Le maître est l'aiguille et le disciple est le fil. Pour coudre, l'aiguille ouvre la voie à travers le tissu, mais à la fin elle n’est plus nécessaire : seul le fil demeure et tient le tout ensemble. »1

L'engagement pour le bonheur de toutes les personnes est au cœur du bouddhisme. Mais c’est à travers la relation de maître et disciple – un lien de vie à vie, à travers lequel la détermination d’une personne se transmet à une autre – que cet idéal sort du domaine de la théorie pour devenir une réalité dans la vie des gens.


Adapté de The Oneness of Maître and Disciple, SGI Quarterly, janvier 2010.

Note

  • 1. D. Ikeda, La Nouvelle Révolution humaine, vol. 9, chapitre « Jeunes Phénix » (non publié en français).

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