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Depuis sa jeunesse, résoudre les conflits et œuvrer pour la paix est la passion de Yaliwe Clarke. Une passion qui la guide dans le choix de ses études et de sa vie professionnelle. Aujourd'hui, elle développe dans un projet de recherche la notion bouddhique de « transformation de son propre cœur comme source du changement extérieur ».

J’ai commencé assez tôt à prendre part à des mouvements pour les droits des femmes à Lusaka, en Zambie. L’une de mes premières expériences a été de diriger des ateliers pour une association de femmes qui soutenait celles qui habitaient des zones rurales, afin qu’elles puissent réagir et travailler sur les discriminations qu’elles vivaient. Voir ces femmes dépasser leur sentiment d’exclusion et devenir autonomes s’est avéré très stimulant pour moi. Toutes ces activités m’ont amenée à réfléchir profondément au sens que revêt le mot paix.

A vingt-quatre ans, j’ai décroché mon premier travail dans une ONG à Lusaka. Il s’agissait de coordonner un projet d’éducation civique pour les jeunes. J’ai pu y intégrer des thèmes Iiés aux droits de la femme. Peu après cette expérience, j’ai été retenue pour participer à l’établissement d’un réseau d'ONG sud-africaines œuvrant pour la paix. C’est à partir de cette époque que les principes bouddhiques ont fortement inspiré les projets que j’ai pu proposer, notamment celui de respect de la vie.

À l’obtention de mon Master « Paix et résolution de conflits » en Norvège, j’ai pris la décision de trouver un travail en accord avec mes études, la philosophie bouddhiste et ma passion pour la paix et la prospérité des femmes africaines.

J’ai très vite trouvé un travail en tant que chef de projet dans un centre pour la résolution des conflits (CCR) à Cape Town, en Afrique du Sud. J’étais aux anges ! Le CCR est une organisation reconnue qui a conduit aux initiatives de paix en Afrique du Sud, avant la fin de l’apartheid en 1994 et est devenu une organisation leader dans la résolution des conflits. Mon travail consistait à créer et à diriger des ateliers de résolution des conflits pour des diplomates, des activistes d'ONG et des leaders de communautés de plusieurs pays africains.

J’ai aussi coécrit un manuel pratique pour les femmes destiné ales aider à prendre des décisions.1 Ce livre a été utilisé par les organisations de droits des femmes et les bureaux pour l’égalité des sexes en Afrique de I’Ouest et de l’Est.

En août 2006, j’ai commencé à donner des cours sur les questions féminines et le développement à l’institut africain pour le genre (AGI2) de l’Université de Cape Town. En lisant des auteurs féministes, j’ai pris l’engagement d’utiliser mon expérience professionnelle pour concevoir des solutions théoriques alternatives de paix, a partir d’expériences de femmes africaines.

Actuellement, je coordonne un projet de recherche à l’AGI, autour de la signification de « sécurité du genre » pour les femmes, et ce, avec une quinzaine de femmes de pays d’Afrique de l’Ouest et du Sud. Au cours d’ateliers menés avec ces femmes, nous avons exploité le principe bouddhique de « transformation de notre propre cœur comme source de transformation des facteurs extérieurs ». Nous mettons l’accent sur les vécus des participantes, leurs histoires, leurs idées à travers des exercices d’écritures, en incorporant des exercices de respiration, de relaxation et de méditation (ou pleine conscience) pour créer une sensation d'ouverture et de sérénité.

Avec cette approche, je crois que nous avons commencé à véritablement reconnaître et honorer les volontés de paix et de sécurité, souhaitées parles femmes africaines. A travers ce projet, je poursuis mes études en doctorat sur l’inégalité entre les sexes et les questions féminines. Le président de la SGI, Daisaku Ikeda, écrit : « La paix ne peut être un simple et tranquille interlude entre les guerres. Elle doit être un espace vital et énergique d’activité de vie, gagné a travers nos efforts proactifs (…). La paix doit être un scénario de vie. »

Inspirée par la capacité humaine à dépasser l’adversité et la souffrance, je mène le « scénario de vie » qui consiste à lutter contre les discriminations envers les femmes. Je crois que le fait de rechercher la paix et l’égalité entre les êtres humains est inextricablement lié à ma pratique du bouddhisme et profondément en accord avec un chemin de vie qui me correspond.


Tiré de Valeurs Humaines n°30, avril 2013, traduit de SGI Quarterly, n°63, janvier 2011.

Notes

  • 1. Peacebuilding training Manual for African Women in Decision-Making
  • 2. AGI (African Gender Institute) : Département de recherches I'université de Cape Town, spécialisé dans la création d’écrits, de publications, de recherches de partenariat, de réseaux et d’apprentissages participatifs, tournés vers les recherches contre les inégalités liées au sexe et les questions féministes.

Yaliwe Clarke travaille dans un centre pour la résolution de conflits en Afrique du Sud.

La paix ne peut être un simple et tranquille interlude entre les guerres. Elle doit être un espace vital et énergique d’activité de vie, gagné a travers nos efforts proactifs (…). La paix doit être un scénario de vie.

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