Elise Boulding (1920-2010), lors du Forum Ikeda, Boston, 2004. [Photo: © Marilyn Humphries / Ikeda Center]

Elise Boulding (1920-2010) était une sociologue, pacifiste et féministe, pionnière des études sur la paix. Son approche originale la distingue comme une chercheuse de premier plan dans ce domaine. Ses travaux mettent notamment en avant le rôle prépondérant des femmes et de la famille dans le processus de paix, et la nécessité de créer une nouvelle « culture mondiale ».

Sa vie, à la fois en tant que chercheuse et activiste, atteste d’un engagement constant en faveur de la paix. Tout au long de sa carrière, elle occupe de nombreux postes de direction dans des institutions dédiées à la paix et à la justice sociale, telles que la Ligue internationale des femmes pour la paix et la liberté (WILPF). Elle crée l'Association internationale de recherche sur la paix (IPRA), collabore avec les Nations Unies à travers l'UNESCO et l'Université des États-Nations. Elle est considérée comme l'une des chercheuses et des militantes pacifistes les plus influentes du XXe siècle et a reçu de nombreux prix en reconnaissance de son travail pour la paix.

Pour une culture de paix, à partir de la famille

Elise Biorn-Hansen naît à Oslo, en Norvège, mais déménage aux États-Unis alors qu'elle est encore enfant. Sa jeunesse est marquée par la Seconde Guerre mondiale et l'invasion de la Norvège par l’armée allemande, qui font s’éveiller en elle la profonde conviction que la violence n'est jamais une solution mais, au contraire, un problème endémique. Dans sa jeunesse, elle s’engage dans des mouvements pacifistes et se convertit à la Société religieuse des Amis (Quakers). Elle rencontre alors Kenneth Boulding (1910-1993), un économiste anglais respecté, avec qui elle se marie et collabore dans ses recherches pour la paix.

Les Boulding élèvent cinq enfants, Elise répartissant son temps entre son foyer et sa vie de militante. Cette expérience l’éveille au rôle prépondérant que peuvent jouer les femmes, les enfants et la famille dans le processus de paix – ce qui constituera par la suite un des axes majeurs de ses recherches. Après des études en sociologie, elle devient chercheuse à l’université de Dartmouth, avec son mari, où elle préside le département de sociologie et met alors en place le premier programme universitaire d'études sur la paix aux Etats-Unis. Surnommée la « matriarche » des études sur la paix, elle jouit d’une reconnaissance grandissante pour son travail pionnier dans ce domaine.

Parmi ses avancées théoriques majeures, elle développe le concept de « paix en tant que processus quotidien ». Contestant l'idée de paix comme un état statique, elle souligne au contraire sa nature dynamique et sa dimension interpersonnelle. Selon elle, la paix implique de constamment réévaluer ses perceptions et comportements.

Les différences dues à la diversité humaine peuvent être source de conflits, sur fond politique ou religieux. Or, au vue de l’interdépendance croissante du monde, afin que ces conflits ne dégénèrent pas, il devient nécessaire de promouvoir activement les valeurs d'ouverture et de tolérance – en d’autres termes, une authentique culture de paix. En étudiant minutieusement l'histoire des conflits, Elise Boulding remarque que deux catégories de la société sont sous-représentées et sous-estimées, alors même qu’elles pourraient être des puissants facteurs en faveur d’une telle culture de paix, en partant de l'unité familiale : les femmes et les enfants.

Selon elle, les enfants « adoucissent » l’humanité – en ce sens que les adultes font généralement preuve d’affection et de compassion envers eux. Ainsi, la préoccupation pour les jeunes générations devrait être au cœur de la création d’une culture de paix. Elle a, de plus, souligné le rôle majeur de l’éduction. Selon elle, les enfants devraient être encouragés dès le plus jeune âge à résoudre les conflits et les problèmes de façon non-violente. Les femmes, notamment en tant que mères, ont de fait une grande influence dans l’établissement d’une culture de paix, à travers leur rôle éducatif.

Elise Boulding développe également l’idée d'une culture civique mondiale, dont l'éducation citoyenne serait la clé de voûte.

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