Pour la quinzaine d'étude du mois de novembre, nous vous proposons d'aborder la notion de foi, de croyance, dans le bouddhisme de Nichiren.


Extrait d’un écrit de Nichiren

Ce que nous appelons la foi n’a rien d’exceptionnel. La foi consiste à se fier au Sûtra du Lotus, à Shakyamuni, à Maints-Trésors, aux bouddhas et aux bodhisattvas des dix directions, aux dieux célestes et divinités bienveillantes et à réciter Nam-myoho-renge-kyo, de la même façon qu’une femme chérit son mari, qu’un homme donne sa vie pour son épouse, que des parents refusent d’abandonner leurs enfants ou qu’un enfant refuse de quitter sa mère.
Nichiren, Le sens de la foi - Écrits, 1046

Extrait d'un commentaire de Daisaku Ikeda

« L’hiver se transforme toujours en printemps »

Dans l’écrit Le sens de la foi, adressée à la nonne séculière Myoichi, Nichiren explique des aspects importants de la foi que nous devrions prendre en considération.

Myoichi pratiqua les enseignements de Nichiren avec son mari. Cependant, au cœur de l’oppression visant les disciples de Nichiren après la persécution de Tatsunokuchi1, le couple eut ses terres confisquées à cause de sa foi. Puis le mari de Myoichi décéda avant que Nichiren soit gracié et autorisé à revenir de son exil sur l’île de Sado.

Myoichi demeura seule avec deux enfants à élever, dont l’un était malade. Elle était elle-même en mauvaise santé. Mais elle refusa de se laisser vaincre par ces circonstances éprouvantes et continua à pratiquer avec ferveur les enseignements de Nichiren, même après sa disparition. En dépit de ses difficultés financières, elle soutint Nichiren en lui envoyant un serviteur pour lui venir en aide alors qu’il était à Sado puis, par la suite, au mont Minobu.

C’est à cette « mère de kosen rufu » si sincère que Nichiren envoya cet éternel message d’espoir : « L’hiver se transforme toujours en printemps. » (Écrits, 538) (…) Ceux qui ont le plus souffert méritent de devenir les personnes les plus heureuses − voilà ce qu’enseigne le bouddhisme de Nichiren qui vise véritablement à permettre à chacun de se renforcer. C’est l’esprit même de Nichiren et de la grande philosophie humaniste de la Soka Gakkai.

Exprimer une humanité authentique et sans fioritures

Par la suite, Nichiren envoya à la nonne séculière Myoichi la lettre intitulée Le sens de la foi. Elle s’ouvre par les mots : « Ce que nous appelons la foi n’a rien d’exceptionnel. » (Écrits, 1046) Nichiren compare ensuite la foi à la façon dont une femme chérit son mari, dont un homme protège sa femme, si précieuse à ses yeux, dont des parents prennent soin de leurs enfants et dont un enfant tient à sa mère (cf. Écrits, 1046).

L’affection entre mari et épouse ou entre parent et enfant est une expression spontanée de la vie, une manifestation naturelle de notre humanité intrinsèque. Nous devrions réciter Nam-myoho-renge-kyo devant le Gohonzon, le cœur ouvert et sans aucune affectation. Voilà ce qu’est la foi, nous enseigne Nichiren.

Devenue veuve, Myoichi continua à lutter avec ferveur dans la foi, non seulement pour elle mais aussi pour son mari défunt, tout en faisant de son mieux pour élever ses enfants afin qu’ils deviennent des jeunes de valeur. Il ne fait aucun doute que les paroles bienveillantes de Nichiren trouvèrent un profond écho dans son cœur.

La foi doit toujours être honnête et sans prétention. Comme l’écrit Nichiren : « Prenez les souffrances et les joies comme elles se présentent. Considérez la souffrance et la joie comme des réalités de la vie et continuez à réciter Nam-myoho-renge-kyo, quoi qu’il arrive. » (Le bonheur en ce monde, Écrits, 685)

Que nous soyons confrontés à la souffrance ou à la joie, nous devrions simplement tout confier au Gohonzon et exprimer ce qu’il y a dans notre cœur en pratiquant.

Pratiquer de façon libre et naturelle

Nichiren inscrivit le Gohonzon pour le bonheur de tous les êtres humains. Quand nous récitons Nam-myoho-renge-kyo devant le Gohonzon et que nous nous lions ainsi avec l’état d’éveil de Nichiren dont il est la concrétisation, nous sommes assurés de devenir immanquablement heureux. Le Bouddha de l’époque de la Fin de la Loi protégera à coup sûr ceux qui agissent en émissaires pour faire avancer kosen rufu. La force ou la profondeur de notre foi ne peuvent se mesurer avec des critères superficiels. Ainsi, Nichiren ne nous a pas laissé d’instructions particulières sur le temps que nous devrions consacrer à la pratique. Bien sûr, il est important de nous fixer des objectifs personnels en termes de Daimoku. Cependant, cela ne signifie pas qu’il faut exagérer et nous obliger à pratiquer quand nous sommes trop fatigués ou submergés par l’envie de dormir, du seul fait que nous nous sommes fixé un temps personnel à consacrer à la pratique. Il pourrait être alors plus constructif et créateur de valeurs de nous reposer et de pratiquer le lendemain matin, en ayant le corps et l’esprit régénérés.

Nichiren enseigne aussi que réciter Nam-myoho-renge-kyo ne serait-ce qu’une fois apporte des bienfaits incommensurables. Dans un autre écrit, on peut lire : « Le hennissement des chevaux blancs est le son de nos voix récitant Nam-myoho-renge-kyo. » (Le roi Rinda, Écrits, 1000) Faisons jaillir une puissante force vitale en récitant des Daimoku intenses et rafraîchissants, au rythme d’un magnifique coursier qui galope à travers la plaine.

Rappelez-vous que nous pratiquons ce bouddhisme afin de parvenir au bonheur pour nous-mêmes et pour les autres.

Le comité d’étude du mouvement Soka


A lire dans le numéro de Valeurs humaines du mois de octobre 2018.
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Notes

  • 1. La persécution de Tatsunokuchi cela désigne la tentative ratée, lancée par les autorités au pouvoir, de décapiter Nichiren en tirant profit de l’obscurité sur la plage de Tatsunokuchi, dans les environs de Kamakura, le 12 septembre 1271.
 
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