Pour la quinzaine d’étude du mois de juin, nous vous proposons des extraits du roman de Daisaku Ikeda La Nouvelle Révolution humaine (vol. 4) portant sur l’écrit de Nichiren Sur l’établissement de l’enseignement correct pour la paix dans le pays.

1er extrait étudié

Nichiren exprime sa conclusion dans le passage suivant du traité Sur l’établissement de l’enseignement correct pour la paix dans le pays :

Vous devez donc rapidement réformer les doctrines que vous détenez dans votre cœur et adopter (...) l’unique vérité [du Sûtra du Lotus].
Nichiren, Écrits, 27

Quel est le moyen le plus sûr d’apporter la paix au pays, de transformer une société accablée de malheurs et de souffrances ? Nichiren souligne que cela part d’une seule personne qui établit la vérité dans son cœur. L’« unique vérité [du Sûtra du Lotus] » à laquelle il se réfère désigne le Sûtra du Lotus, le véritable enseignement du Mahayana, qui prône la valeur et la dignité suprêmes de la vie et proclame que tous les êtres humains sont fondamentalement des bouddhas. Lorsque chaque individu s’éveille à sa bouddhéité inhérente et la manifeste en accord avec la Loi merveilleuse, le lieu où il vit devient une terre de bouddha étincelante.
(La Nouvelle Révolution humaine, vol. 4, p. 251.)

[...] Le message du traité Sur l’établissement de l’enseignement correct pour la paix dans le pays1, en résumé, est que chacun d’entre nous devrait accomplir une révolution humaine individuelle en se fondant sur le principe de l’humanisme et devenir ainsi un acteur clé de la réalisation de la prospérité sociale et de la paix mondiale. On dit que les enseignements que Nichiren Daishonin exposa toute sa vie commencent et finissent par ce traité, en bref, qu’ils se résument à ce traité.

L’intention de Nichiren Daishonin, en rédigeant cet ouvrage, était de sauver la population qui souffrait terriblement des attaques répétées des tremblements de terre et des inondations, de la famine et des maladies. Le moyen d’y parvenir, avait-il conclu, était de transmettre la philosophie de la vie du bouddhisme, qui enseigne comment être véritablement humain et réaliser sa révolution humaine, une transformation au plus profond de la vie de l’individu. Il prônait un combat destiné à libérer le cœur et l’esprit des gens du mal et à remplacer celui-ci par la bonté ; à ouvrir l’œil de la sagesse dans leur vie et transformer en altruisme leur tendance dominante à l’égocentrisme, ainsi qu’à changer les tendances destructrices en créativité. Pourquoi avait-il opté pour cette démarche ? Parce que les êtres humains sont la base de tout. Les plantes s’épanouissent dans un terreau fertile ; si nous cultivons le terreau de la vie humaine, la paix et la culture s’y épanouiront magnifiquement.
(La Nouvelle Révolution humaine, vol. 4, pp. 256-257.)


2e extrait étudié

Quand le pays tombe dans le désordre, ce sont les esprits qui montrent d’abord des signes d’agitation. Et comme les esprits s’agitent, tous les habitants du pays cèdent au désordre.
Nichiren, Écrits, 26

Les « esprits » sont des fonctions de nature métaphysique ou intangible. En termes modernes, on pourrait considérer que les pensées et les idées entrent dans cette catégorie. Autrement dit, lorsqu’un pays ou une société plonge dans le désordre, ces signes d’agitation se manifestent tout d’abord dans les idées et les mentalités des gens. Le désordre et la confusion dans l’esprit et les idées des gens sapent leur force vitale et déforment leurs processus mentaux, ce qui sème à son tour le chaos et la disharmonie dans la société. Si les êtres humains cèdent à l’égoïsme, ne recherchant que le profit personnel, le plaisir et les satisfactions à court terme, la société déclinera inévitablement. [...]
(La Nouvelle Révolution humaine, vol. 4, p. 257.)

La cause des désordres sociaux et de nombreux événements tragiques que nous avons connus réside dans le fait que les gens sont prisonniers d’un mode de pensée qui oublie d’accorder la primauté à l’être humain. [...] « Revenons à l’humanisme ! » – voilà en termes modernes ce que revendiquait Nichiren Daishonin dans ce traité. Son message est que chaque sphère d’activité humaine – la politique, l’économie, la science, l’éducation et les arts – doit être mise au service du bonheur de l’humanité. C’est le principe de la création d’une société en paix fondée sur la Loi correcte. »
(La Nouvelle Révolution humaine, vol. 4, pp. 258-259.)


3e extrait étudié

Si vous vous inquiétez de votre sécurité personnelle, ne devriez-vous pas tout d’abord prier pour l’ordre et la tranquillité aux quatre coins du pays ?
Nichiren, Écrits, 26

Les « quatre coins » désignent ce qui se trouve à l’est, à l’ouest, au nord et au sud – autrement dit, la société tout entière. Shin’ichi aborda alors la responsabilité sociale d’un bouddhiste : « Ce passage signifie que si l’on se préoccupe si peu que ce soit de sa sécurité personnelle, il faut d’abord prier pour la stabilité et la paix de toute la société. Cela définit clairement l’attitude et le comportement qu’il convient d’adopter en tant que bouddhistes. Ceux qui possèdent une foi religieuse authentique ne se soucient pas seulement de leur confort et de leur sécurité personnels ; ils ne se contentent pas de se replier dans leur propre sphère privée. Être véritablement humain suppose d’œuvrer et de prier pour régler les problèmes dont souffrent tous les êtres humains et pour instaurer la paix et la prospérité dans la société. Il n’existe pas de bouddhisme isolé de la société humaine. »
(La Nouvelle Révolution humaine, vol. 4, p. 259.)


[...] La clé pour établir la paix et la prospérité en ce monde, comme le dit ce passage, réside dans le cœur humain – dans la prière des individus pour l’ordre et la sécurité de la société – et dans le processus de la révolution humaine qui permet à chaque être humain de se forger un moi solide. Celui qui prie pour une société paisible et sûre et fait preuve de considération envers les autres s’éveillera tout naturellement à la nécessité de contribuer à la société et agira sur la base de cette prise de conscience.

L’objectif de la Soka Gakkai est de concrétiser la société paisible décrite dans le traité. Notre mission est de libérer ce monde de toute la misère humaine – la guerre, la pauvreté, la famine, la maladie et la discrimination. Avec cet objectif en tête, ce qui compte ensuite, c’est ce que nous faisons pour le réaliser concrètement. Sans efforts véritables, tout n’est que pur fantasme, une simple abstraction. En principe, pour ce qui est de l’action concrète, il appartient à chaque individu de décider et de faire ce qu’il juge le plus approprié et ce dont il est capable.
(La Nouvelle Révolution humaine, vol. 4, pp. 259-260)



Pour aller plus loin

  • La Nouvelle Révolution humaine, vol. 4, chapitre 4 « Rissho Ankoku », Acep, pp. 211-265.

Note

  • 1. Le titre en japonais de la lettre de Nichiren, Rissho Ankoku Ron, est traduit ici.

A lire dans le numéro de Valeurs humaines du mois de mai 2019.
Valeurs humaines est le mensuel d'étude du mouvement bouddhiste Soka en France. › Abonnement / Achat au numéro

 
En poursuivant sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies à des fins de navigation, de statistiques de visites, et autres fonctionnalités. En savoir +