Pour la quinzaine d’étude du mois d’octobre, nous vous proposons le thème de la vitalité des bodhisattvas sortis de la terre dans le bouddhisme de Nichiren Daishonin.

Extrait 1

Nichiren Daishonin a écrit : « Même si vous n’êtes pas le vénérable Mahakashyapa, vous devriez tous vous mettre à danser. Même si vous n’êtes pas Shariputra, vous devriez vous lever et danser. Quand le bodhisattva Pratiques-Supérieures a émergé de la terre, ne l’a-t-il pas fait en dansant ? »1

Lorsque les disciples les plus vénérables de Shayamuni, Mahakashyapa2 et Shariputra3, le plus sage d’entre tous, l’entendirent enseigner le Sûtra du Lotus, enseignement suprême pour atteindre l’illumination, ils se levèrent d’un bond et leur cœur tressaillit de joie.

Et quand Shakyamuni, tandis qu’il prêchait, fit appel aux innombrables bodhisattvas sortis de la terre et leur confia la mission de propager le Sûtra du Lotus après sa mort, dans l’époque de la Fin de la Loi, leur guide, le bodhisattva Pratiques-Supérieures4, apparut en bondissant de joie.

Ils se levèrent d’un bond avec enthousiasme, envahis par la joie immense d’apprendre la vérité suprême de l’univers et de décider de répandre cette vérité et d’apporter le bonheur à tous les êtres vivants. C’est dans une telle expression de joie profonde et spontanée, qui découle de l’essence même de notre être, que se trouve l’éclosion de l’art.

(La Nouvelle Révolution humaine, vol. 7, Acep, p. 37-40)


Extrait 2

Haruo Suda.5 En effet, les bodhisattvas sortis de la terre ne sont pas descendus du ciel, comme des divinités. Au contraire, ils sont sortis de la terre, ce qui nous donne une idée de l’importance accordée par le Sûtra du Lotus aux êtres humains. (…)

Takanori Endo.5 À ce propos, Nichiren Daishonin écrit : « Quand le bodhisattva Pratiques-Supérieures a émergé de terre, ne l’a-t-il pas fait en dansant ? »
Il y a des traductions du Sûtra du Lotus, même dans la version chinoise de Kumarajiva, dans lesquelles ce chapitre est intitulé « Jaillissant de la terre ». Cette variante se trouve même dans les copies du Sûtra du Lotus faisant partie du Taisho Shinshu Daizo Kyo6, recueil de la quasi-totalité des sûtras traduits en chinois. Dans une version du Sûtra du Lotus découverte sur le site de Dunhuang, en Chine, on lit également « jaillir ».

Daisaku Ikeda. Je vois. Cet aspect « jaillissant », « bondissant » semble une caractéristique marquante de l’apparence des bodhisattvas sortis de la terre. De fait, ils apparaissent sur la scène, pleinement conscients de leur mission de propager la Loi merveilleuse. Ils ne se manifestent pas à contrecœur, parce que Shakyamuni le leur a demandé ; ils bondissent plutôt en dansant joyeusement et en se disant : « Le temps pour nous d’agir est enfin arrivé ! » (…)

D. Ikeda. C’est en pratiquant avec une foi motivée de l’intérieur, une foi qui nous incite à « bondir », que l’on peut atteindre un bonheur éternel.
Josei Toda disait, à propos du bienfait suprême que l’on peut obtenir par la pratique : « Atteindre la bouddhéité signifie parvenir à un état dans lequel nous renaissons continuellement avec une abondante et puissante force vitale ; nous pouvons agir comme bon nous semble, en nous appuyant sur un sens profond de notre mission ; nous pouvons réaliser tous nos buts ; et nous possédons une bonne fortune que rien ne peut détruire. Parce que nous pouvons mener de cette façon des dizaines, des centaines, des milliers, des dizaines de millions de vies successives, notre bonheur ne connaît pas de limites. […] »7
Le but de la pratique est de construire un bonheur éternel. Cette vie-ci est aussi illusoire qu’un rêve. Notre pratique a pour but de nous réveiller de ce rêve et de nous permettre de construire un bonheur éternel, dans les profondeurs de notre vie, au cours de cette vie-ci. Voilà ce que signifie « atteindre la bouddhéité en cette vie ». Et c’est pourquoi, comme je le répète sans cesse, nous devons faire tous les efforts possibles pour nous entraîner dans notre foi.
Mais alors, qu’est-il nécessaire de faire pour parvenir à la bouddhéité ? Nichiren Daishonin a écrit : « Si vous avez le même esprit que Nichiren, vous devez être un bodhisattva sorti de la terre. »8
Ceux qui combattent avec le même esprit que Nichiren Daishonin pour accomplir kosen rufu sont les véritables bodhisattvas sortis de la terre.
Toute chose dans le cosmos se meut en une parfaite harmonie. La Terre, naturellement, suit sa propre orbite ; et kosen rufu est comparable à la révolution de la Terre autour du Soleil. De la même manière, notre révolution humaine individuelle est semblable à la rotation d’une planète autour de son axe. Ces deux mouvements sont inséparables.

(La Sagesse du Sûtra du Lotus, vol. 1, Acep, p. 681-684)


Pour aller plus loin...

• Daisaku Ikeda, La Jeunesse et les écrits de Nichiren, Acep, 2016, p. 19-20.

Notes

  • 1. Grand mal et grand bien, Écrits, 1126.
  • 2. Mahakashyapa : un des dix principaux disciples du Bouddha Shakyamuni, considéré comme le premier en matière d’ascèse.
  • 3. Shariputra : un des dix principaux disciples du Bouddha Shakyamuni, considéré comme le premier en matière de sagesse.
  • 4. Pratiques-Supérieures : un des quatre guides des bodhisattvas sortis de la terre. Dans plusieurs de ses écrits, Nichiren présente ses propres efforts de propagation comme l’œuvre du bodhisattva Pratiques-Supérieures.
  • 5. H. Suda et T. Endo étaient vice-responsables du département d’étude boudhique de la Soka Gakkai, à l’époque de ce dialogue.
  • 6. Nouvelle compilation du Canon bouddhique à l’ère Taisho, 1912-1226.
  • 7. Toda Josei Zenshu (Œuvres complètes de Josei Toda), Tokyo, Seikyo Shimbunsha, 1983, vol. 3, p. 171.
  • 8. La réalité ultime de tous les phénomènes, Écrits, 389.

A lire dans le numéro de Valeurs humaines du mois de juillet-août 2019.
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