Par le Dr Toshi Kurihara, chercheuse à l’IOP. Tiré de The 21st Century Is a Century of Women – Buddhism and Women, publié dans le Journal of Oriental studies vol.15, en 2005.

Cet essai a été rédigé à l’occasion du symposium intitulé « Une vision de la pensée orientale au XXIe siècle » (A Vision of 21st Century Oriental Thought) donné à l’université de Beijing en 2005, organisé conjointement par le Centre de recherche Daisaku Ikeda de l’université de Beijing et l’Institut de Philosophie Orientale de Tokyo.




En janvier 2001, à l’aube du XXIe siècle, le président de la SGI, Daisaku Ikeda, a adressé à l’ONU une proposition pour la paix intitulée « Créer et soutenir un siècle de vie : les défis pour une nouvelle ère ».1 Il y affirme que le XXIe siècle doit être un « siècle de la vie », et expose son espoir de voir émerger un mouvement de femmes capable de changer la civilisation, en écrivant que « le siècle de la vie doit également être le siècle des femmes. »2

Daisaku Ikeda a longtemps chérit l’espoir que les femmes utilisent leurs capacités pour aider à résoudre les problèmes qui affligent la société. De plus, il a œuvré à créer les conditions requises pour que les femmes puissent prendre une part active dans le mouvement bouddhiste Soka ainsi que dans la société, notamment au Japon où les femmes sont encore trop souvent dépréciées. Comme l’a observé le Dr Zheng Ishu, vice-président de l’université normale de Fuchien : « Le XXIe siècle est appelé le siècle des femmes. Pourtant le président de la SGI, Daisaku Ikeda, avait déjà reconnu l’importance critique des femmes dans le monde et eut la clairvoyance de soutenir le mouvement des femmes il y a quarante ans, lorsqu’il a pris la tête du mouvement Soka, en tant que troisième président. »3

Les perspectives sur l’humanité et sur la question des femmes adoptées Daisaku Ikeda, se fondent sur la pensée bouddhiste – dans la lignée du Sûtra du Lotus et des enseignements de Nichiren. Il expose le principe d’égalité des sexes enseigné originellement par le bouddhisme et l’adapte pour l’époque contemporaine.

Pourtant, le bouddhisme a été l’objet de critiques pour sa longue histoire de discrimination à l’encontre des femmes. Ces dernières années en particulier, avec l’émergence du féminisme, de nombreuses religions, notamment le bouddhisme, ont été ré-éxaminées selon cette perspective et accusées d’avoir servi d’outil pour l’oppression des femmes. D’un point de vue historique, les facteurs sociaux, économiques, politiques et culturels ont contribué à faire des femmes le « deuxième sexe » ; et il est vrai que la religion fait partie de ces facteurs. Il demeure cependant beaucoup de point à éclaircir le concernant.

Dans ce nouveau siècle, alors que l’égalité des sexes fait partie de la philosophie de l’époque, il est important de considérer la relation entre le bouddhisme et les femmes, en portant une attention particulière au concept d’égalité. Celui-ci a été présent dès les origines du bouddhisme, qui s’est distingué par son appréciation des femmes. Le Pr Kyoko Nakamura a fait remarquer : « C’est un fait historique que la religion, à l’Est comme à l’Ouest, a discriminé et opprimé les femmes. Pourtant, bien qu’une telle répression ne soit pas une chose du passé, il est vrai que la religion a également contribué à libérer les femmes. »4

Daisaku Ikeda a étudié la généalogie de l’idée de l’émancipation des femmes dans la tradition bouddhiste. Si l’on considère la position sociale des femmes dans la société indienne à l’époque ode la fondation du bouddhisme, et plus tard durant sa propagation, il est surprenant d’observer les conditions dans lesquelles le concept radical d’égalité des sexes fut prêché. Aujourd’hui, nous allons étudier la façon dont les femmes ont été considérées par le Bouddha, par le Sûtra du Lotus et par Nichiren. Je vais également introduire la vision de Daisaku Ikeda sur cette question, fondée sur ces trois sources.

Le point de vue du Bouddha sur les femmes

A l’époque de la fondation du bouddhisme, la culture indienne avait une tendance évidente à discriminer et déprécier les femmes. Celles-ci n’étaient pas traitées comme des êtres humains à part entière, et leurs droits et activités étaient extrêmement restreints. Cependant, on pense que le Bouddha reconnaissait l’égalité religieuse entre les deux sexes. Bien que les femmes aient été mises à l’écart parce qu’elles étaient vues comme des obstacles à la pratique des moines, leur nature religieuse, ou capacité, n’était pas nécessairement niée. Par exemple, le Bouddha a comparé son enseignement à un chariot, en disant : « Que vous soyez homme ou femme, ce chariot vous attend, ce même chariot vous conduira au nirvana. » De plus, le Bouddha a décrit Brahman en ces termes : « Ce n'est pas la naissance qui fait un paria, ce n'est pas la naissance qui fait un brahmane. Ce sont les actions qui font un paria, ce sont les actions qui font un brahmane. »5 Ainsi, pour le Bouddha, la valeur d’une personne relève de ses actions, pas de ses attributs ; et ni le statut ni le sexe n’avait d’importance, pour lui.

En outre, Shakyamuni autorisa les femmes à devenir nonnes – ce qui est révélateur de son attitude à leur égard. Même si la pratique religieuse des nonnes étaient régie par des règles particulières (Hakkyoho) – notamment le plus grand nombre de règles pour les nonnes (348) que pour les moines (250) – l’ordination des femmes dans la religion bouddhiste demeure une avancée historique sans précédent. (…)

Les femmes dans le Sûtra du Lotus

Le courant du bouddhisme Mahayana, qui a émergé aux alentours du Ier siècle avant JC, fut fortement influencé par les institutions de l’époque, en raison du grand rôle joué par les laïcs dans ce mouvement. La vision des femmes qui y prévalait était également influencé par les idées socialement admises de l’époque, telles qu’on peut les voir exprimées dans les « Lois de Manu » (sanskrit : Manusmrti), par exemple. Dans ces lois, il est dit que « les femmes ont toujours été dépendantes », « les femmes sont malignes originellement », et « les femmes ne peuvent pas lire le Veda ». Alors que le bouddhisme Mahayana absorbait les conceptions de cette époque antique, l’illumination des femmes était inconcevable. Et leur supposée nature mauvaise était mise sans cesse en avant.

Cependant, même dans de telles circonstances, un certain nombre d’écrits bouddhiques tentaient de renverser cette tendance. Pour les tenants du bouddhisme Mahayana, qui enseigne que « tous les êtres vivants possèdent la nature de bouddha » et que « chaque personne est un bodhisattva », il devint bientôt problématique d’accorder ces principes égalitaires avec la vision des femmes telle qu’elle était ancrée dans les esprits. Par exemple, dans les sûtras Muryoju et Dai Amida, il est dit que les femmes peuvent atteindre la bouddhéité après s’être transformées en hommes, grâce au vœu prononcé par le bouddha Amida. Dans les sûtras Vimalakirti et Shrimara, il est expliqué que, du point de vue de la vacuité de tous les phénomènes (ku), la distinction entre homme et femme est une illusion.

De plus, l’atteinte de la bouddhéité de la fille du Roi-dragon, décrite dans le 12e chapitre, « Devadatta », du Sûtra du Lotus est un fait remarquable et sans précédent. Dans ce chapitre, une fillette de huit ans au corps de dragon, la fille du roi Ryuo habitant dans les profondeurs sous-marines, atteint l’illumination spirituelle. Mais Shariputra, ancré dans le mode de pensée du bouddhisme Théravada et le principe des Cinq obstacles, en doute.

« Shariputra s’adressa alors à la fille dragon : "Tu prétends avoir été capable en un temps aussi court d’atteindre la voie inégalée. Mais cela semble difficile à croire. Pourquoi ? Parce qu’un corps féminin, souillé et impur, ne saurait être un réceptacle de la Loi. Comment pourrais-tu donc atteindre la bodhi inégalée ? Le chemin vers la bouddhéité est long et interminable. Ce n’est qu’après avoir passé d’innombrables kalpas à pratiquer les austérités, à accumuler les mérites, à pratiquer toutes sortes de paramita, que l’on parvient enfin à réussir. Qui plus est, une femme est sujette aux cinq obstacles. D’abord elle ne peut devenir un roi céleste Brahma. Deuxièmement, elle ne peut devenir un roi Shakya. Troisièmement, elle ne peut devenir un roi démon. Quatrièmement, elle ne peut devenir un roi sage faisant tourner la roue. Cinquièmement, elle ne peut devenir un bouddha. Comment une fille telle que toi aurait pu atteindre la bouddhéité si rapidement ? »6

La fille du Roi-dragon présente alors au Bouddha un joyau d’une valeur inestimable et se transforme en homme en un instant devant l’assemblée des disciples. Puis elle effectue toutes les pratiques de bodhisattvas, s’en va vers le sud, dans le Monde-sans-souillures, s’assoit sur un lotus en pierres précieuses et atteint l’illumination. En assistant à cela, Shariputra ainsi que tous les membres de l’assemblée, sont convaincus de son illumination.

Dans ce récit, l’atteinte de la bouddhéité de la fille du Roi-dragon est précédée par sa transformation en homme. Ce point précis a été critiqué, mais fut également considéré, à juste titre, comme un compromis visant à s’accorder avec les idées socialement admises de l’époque. Vu le contexte historique, il était certainement dangereux d’exposer un enseignement présentant l’égalité des hommes et des femmes de manière trop radicale. Quoi qu’il en soit, le fait est que la possibilité pour les femmes d’atteindre la bouddhéité, auparavant déniée, s’est ouverte grâce au Sûtra du Lotus. (…)

Le point de vue de Nichiren sur femmes

A l’époque médiévale, le bouddhisme japonais passe par une profonde mutation, qui conduit à l’apparition de nouvelles écoles et culmine dans ce qu’on appelle le nouveau bouddhisme de Kamakura. Les points de vue sur les femmes des fondateurs de ces nouvelles écoles bouddhiques varient, mais celle de Nichiren se distingue nettement. En effet, en se fondant sur le récit de l’atteinte de la bouddhéité de la fille du Roi-dragon, Nichiren rejette la discrimination à l’encontre des femmes et réfute l’idée qu’elles ne peuvent pas atteindre la bouddhéité.

Il déclare : « Dans les divers sûtras du Hinayana antérieurs au Sûtra du Lotus, on dénie aux femmes toute possibilité d'atteindre un jour la bouddhéité. Dans les sûtras du Mahayana autres que le Sûtra du Lotus, il semblerait que les femmes puissent atteindre la bouddhéité. Mais elles ne pourraient le faire qu'après avoir changé d'apparence. Il ne s'agit donc pas de l'atteinte immédiate de la bouddhéité qu'implique le principe d'ichinen sanzen. C'est une possibilité théorique, non concrétisée. La fille du Roi-Dragon est, comme le dit le texte, “un exemple qui vaut pour tous les autres”. La fille du Roi-Dragon, en devenant bouddha, rendit possible l'atteinte de la bouddhéité par toutes les femmes aux époques de déclin. »7

Le point principal que Nichiren avance est que les femmes ont la capacité d’atteindre la bouddhéité, telles qu’elles sont. Cette conviction est fondée sur le principe des Trois mille mondes en un instant de vie (ichinen sanzen), selon lequel toute vie possède un potentiel illimité qui peut se manifester à tout moment. Par conséquent, il rejette sans concession le principe des Cinq Obstacles. « Les cordes qui vous attachent aux Trois formes d’obéissance seront coupées en cette vie, et les Cinq Obstacles ont déjà disparu. La lune de votre brille à travers les nuages, et les impuretés de votre corps ont été totalement éliminées. Vous êtes bouddha sous votre forme présente. Comme c’est digne de respect ! »8

La position de Nichiren donne un aperçu de l’approche empirique et pragmatique qu’il adopte à l’égard des problématiques de la vie quotidienne, une approche remarquablement avant-gardiste à une époque où la discrimination sexuelle fondée sur la soi-disant « impureté » féminine était largement admise.

Pour Nichiren, c’est la foi et non le sexe qui est le critère déterminant pour l’atteinte de la bouddhéité. La rigueur et la profondeur de la foi est l’élément important. Il déclare : « Il ne faut pas faire de discrimination entre ceux qui propagent les cinq caractères de Myôhô Renge Kyô, qu’ils soient hommes ou femmes, dans la période des Derniers Jours de la Loi. S’ils n’étaient pas des bodhisattvas sortis de la Terre, ils ne pourraient pas réciter daimoku. »9 Et aussi : « Pour cette raison, quiconque, en ce monde, adhère au Sûtra du Lotus, homme ou femme, moine ou nonne, est certainement considéré par le Bouddha comme le seigneur de tous les êtres vivants »10

Nichiren, qui soutient une telle vision des femmes, exhorte ses disciples femmes à mener des vies courageuses.

Le point de vue de Daisaku Ikeda sur les femmes

La « généalogie » de l’émancipation des femmes dans la philosophie bouddhiste a été présentée plus haut. La Soka Gakkai, apparue dans le Japon à l’époque moderne, s’inscrit dans la lignée de Shakyamuni, du Sûtra du Lotus et de Nichiren. J’aimerais maintenant présenter le point de vue de Daisaku Ikeda concernant l’illumination des femmes, telle que ce principe apparaît dans le Sûtra du Lotus, et fournir quelques aperçus de sa conception des femmes.

Tout d’abord, Daisaku Ikeda observe que l’atteinte de la bouddhéité de la fille du Roi-dragon est « une solennelle Déclaration des Droits de la personne humaine, un exemple concret, destiné à briser toute discrimination à l'encontre des femmes. »11 Et il ajoute : « Tous les êtres humains, hommes ou femmes, possèdent la bouddhéité inhérente à leur nature. C'est un joyau qui existe dans la vie de tous les êtres. C'est le sens des principes d'Inclusion mutuelle des Dix États et d'ichinen sanzen, et c'est la révélation fondamentale du Sûtra du Lotus.

L'état d'Animalité fait partie des Dix États. La fille du Roi-dragon a l'apparence d'un animal, mais la bouddhéité est également contenue dans l'état d'Animalité. Toutefois, sa bouddhéité reste invisible à des yeux obscurcis par les préjugés.

Le Sûtra du Lotus enseigne que tous les êtres vivants possèdent l'état de bouddha. Il n'autorise pas le moindre soupçon de discrimination à l'égard des femmes S'il leur était impossible de parvenir à l'état de bouddha, le principe d'ichinen sanzen tomberait en pièces. »12

Ici, il affirme que la discrimination sur la base d’attributs tels que le sexe est clairement condamnable.

Puis il remarque que « [l’illumination de la fille du Roi-dragon] est une illustration de l'atteinte de la bouddhéité "sans changer d'apparence". Il faut se souvenir que c'est sous sa forme féminine que la fille du Roi-dragon est parvenue à l'illumination.

Sa transformation en homme n'est rien de plus qu'un moyen utile pour faire comprendre à Shariputra et à tous ceux qui croient la bouddhéité exclusivement réservée aux hommes, qu'elle est bel et bien devenue bouddha. Cela ne signifie pas que, pour atteindre la bouddhéité, toute femme doive, au préalable, se changer en homme. »13 Et plus loin : « Fondamentalement, le bouddhisme considère tous les êtres vivants comme des manifestations individuelles de la vie unique et précieuse de l'univers. Cette vérité, à laquelle Shakyamuni s'est éveillé, est illustrée par les principes d'"origine interdépendante" et de non-substantialité. C'est l'essence même du Sûtra du Lotus. Du point de vue d'un "éveillé", l'affirmation de la supériorité d'un sexe sur l'autre est totalement absurde. »14

Pourtant, la transformation en homme, que nous pourrions qualifier de « concession philosophique » peut s’avérer être un piège pour la pensée. Elle pourrait s’expliquer ainsi : « Pour permettre à la Loi de se répandre et prendre racine dans la société, le Bouddha a parfois été contraint de l'expliquer en des termes que les gens pouvaient accepter. Dans certaines circonstances, et bien que fondamentalement décidé à enseigner la Loi "en accord avec l'esprit du Bouddha" (zuijii), Shakyamuni dut faire preuve de sagesse et adapter son enseignement aux capacités de ses auditeurs (zuitai), d'abord, dans le but d'être écouté, pour ensuite les amener graduellement vers l'état d'illumination qui était le sien. (…) Le problème, toutefois, est que, quand les explications sont ainsi ajustées aux travers de la société, même des personnes de foi sincère s'attachent à ces travers, ce qui conduit à des distorsions de l'enseignement. Cela a souvent pour effet d'exacerber et de rigi-difier les attitudes discriminatoires de la société. Si nous voulions faire un historique de la conception des femmes en bouddhisme, nous trouverions sans doute quantité d'exemples de ce genre. »15

C’est là un point important, que l’on ne peut pas ne pas mentionner lorsque l’on présente la philosophie bouddhiste contenue dans le Sûtra du Lotus.

Daisaku Ikeda a exploré la source originelle du principe de l’égalité des sexes dans la pensée bouddhiste, et a encouragé les femmes à contribuer pleinement à la société et à leur communauté, en se fondant sur le sens de leur indépendance et de leur propre épanouissement. (…)

De plus, il a particulièrement souligné le rôle des femmes dans l’établissement de la paix. Il déclare : « A travers la longue histoire de l’humanité, ce sont toujours les femmes qui ont le plus souffert de la guerre, de la violence, de l’oppression, de la violation des droits humains, de la maladie et de la famine qui affligent la société. En dépit de cela, ce sont les femmes qui ont persévérées pour orienter la société dans la direction du bien, dans la direction de l’espoir, dans la direction de la paix. Les femmes détiennent la clé pour ouvrir un avenir empli d’espoir. »16

Il est certain que les femmes, poussées par le défi de la discrimination et des injustices qui leur sont faites, suivent la voie de l’épanouissement et de l’altruisme, aussi bien que les hommes.

En outre, Daisaku Ikeda a engagé des dialogues avec des dirigeantes femmes du monde entier. Une des personnes avec laquelle sa pensée est fortement entrée en résonnance, et qu’il tenait en haute estime, fut Mme Deng Yingchao.17 (…) Il parle de son optimisme, de sa force et de la conviction avec laquelle elle a encouragé les femmes autour d’elle. Par exemple, dans un message à l’occasion d’une convention des étudiantes de la Soka Gakkai, il dit, en faisant référence à elle : «  Rien n’est plus fort que le sens de la solidarité d’une jeune femme qui n’a peur de rien, mais progresse courageusement jusqu’au bout. » (…)

Conclusion

Comme nous l’avons vu, de nombreux modes de pensées et systèmes de discrimination envers les femmes se sont formés au sein du bouddhisme. Mais nous y trouvons également la source d’une généalogie de l’émancipation de la femme, qui a coulé de manière continue à travers la pensée de Shakyamuni, le Sûtra du Lotus et Nichiren. Cette généalogie est reliée au mouvement de la SGI d’aujourd’hui. Pratiquer le bouddhisme ne veut pas dire simplement être attaché à sa doctrine, mais l’interpréter et la ré-interpréter selon l’époque, la raviver et l’utiliser efficacement. C’est là le propos de Daisaku Ikeda à notre époque. Il lance un appel à la société, tout en appliquant lui-même les enseignements qu’il prône.

Le mouvement des femmes de la SGI est un rassemblement de croyantes courageuses qui se dressent pour répondre à l’appel que Daisaku Ikeda lance à toutes les femmes du monde. Elles agissent pour faire du XXIe siècle un « siècle de la vie », dans lequel à la fois les hommes et les femmes seront traités avec respect, partageront leurs responsabilités, s’épanouiront et contribueront ensemble à la société. C’est là la vision d’un « bouddhisme vivant », perspective qui associe « le bouddhisme et les femmes » à notre époque.




Toshie Kurihara. Chercheuse à l'IOP et maître de conférence adjointe à l'Université Soka de Tokyo, ses champs d'investigation regroupent la sociologie des religions, les études féminines et l'histoire de la pensée sociale.

Notes

  • 1. Daisaku Ikeda, Le défi de la paix, Ed. du Rocher, 2004.
  • 2. Seikyo Shimbun, 26 janvier 2001.
  • 3. Seikyo Shimbun, 3 mai 2002.
  • 4. Kyoko Nakamura, Religious Consciousness and Practices of contemporary Japanese Women, in Haruko Wakita, Anne Bouchy et al (eds.), Gender and Japanese History, vol. 1, Osaka University Press, 1999, p. 145.
  • 5. L'ensemble des discours (Sutta-ni pata), vol. 2., Oxford : The Pali Text Society, 1955, p.119.
  • 6. SdL-XII, 185-186.
  • 7. Traité pour ouvrir les yeux, partie 2, pp.193-194.
  • 8. NdT : Tiré d’un gosho non traduit en français : Konichi-ama gohenji (Reply to Lay Nun Konichi), Nichiren Daishonin Gosho Zenshu (GZ), Soka Gakkai, 1952, p. 934. Traduction libre.
  • 9. La véritable entité de la vie, L&T-I, 101.
  • 10. L’unité de mari et femme, L&T-V, 177.
  • 11. D. Ikeda, La Sagesse du Sûtra du Lotus, vol. 2, p.304.
  • 12. Ibid., p.311.
  • 13. Ibid., p.314.
  • 14. Ibid., pp.316-317.
  • 15. Ibid., pp.318-319.
  • 16. Seikyo Shimbun, 26 janvier 2000.
  • 17. NdT : Deng Yingchao (4 février 1904 - 1er juillet 1992), politicienne et épouse de Zhou Enlai.

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