Hazel Henderson est une futurologue et économiste américaine iconoclaste, pionnière sur les questions écologiques. Son cheminement montre à quel point tout changement part de son environnement immédiat, et non dans de hautes sphères lointaines.

Née le 27 mars 1933 à Bristol, en Angleterre. Elle quitte le foyer et immigre aux Etats-Unis à 16 ans et prendra la nationalité américaine en 1962. Après avoir travaillé plusieurs années en tant que journaliste indépendante, elle se marie en 1957.

Son activisme commence dans les années 60, lorsqu'elle constate la mauvaise qualité de l'air à New York, où elle vivait, et ses conséquences sur la santé de sa fille.* Pour sensibiliser le public, elle convainc les autorités et les médias de diffuser l'indice de pollution atmosphérique avec le bulletin météo. Elle persuade également une agence de publicité d'offrir ses services à sa cause et s'associe à un conseiller municipal de New York pour cofonder l'association Citizens for Clean Air. Ses efforts sont récompensés en 1967, lorsqu'elle est élue “Citoyenne de l'année” par la New York Medical Society.

Une autre vision de l'économie

A partir de ce moment, la carrière de H. Henderson en tant que militante sociale et environnementale prend son essor. Elle dénonce avec passion la diffusion de la théorie économique de l'industrialisme, qu'elle qualifie de « pathologique », ainsi que l'utilisation de critères purement financiers pour mesurer la qualité de vie des populations.

Selon elle, l'état de la société doit être évalué par des critères tels que la participation politique, l'alphabétisation, l'éducation et la santé. « Le revenu par habitant, estime-t-elle, est un très faible indicateur du bien-être humain. »

Elle est convaincue que le développement industriel conventionnel ne produit guère que « la dévastation écologique, les troubles sociaux et la famine... Je pense plutôt au développement (...) comme un investissement dans les écosystèmes, leur restauration et leur gestion. »

Même la notion de travail devrait, selon elle, « être remplacée par le concept de “bon travail” - qui met les individus au défi de grandir et de développer leurs facultés ; de surmonter leur égocentrisme en se joignant aux autres dans des tâches communes ; de fournir des biens et services nécessaires à une existence en devenir ; et de faire tout cela avec un souci éthique envers l'interdépendance de toutes les formes de vie.»

Hazel Henderson s'est en grande partie consacrée à développer une théorie économique holistique, axée sur les préoccupations environnementales et sociales, et comblant les « angles morts » de l'économie conventionnelle.

Elle crée, par exemple, le concept de « love economy » et met en avant la « valeur » des biens non-quantifiables tels que l'air pur et l'eau propre, dont les êtres humains et d'autres organismes vivants ont besoin en abondance. Ce travail a conduit au développement, avec le Calvert Group, des indicateurs de qualité de vie Calvert-Henderson, utilisés aujourd'hui par les économistes.

Production intellectuelle et enseignement

Pour faire avancer ses théories, Hazel Henderson a publié plusieurs livres, notamment : Building A Win-Win World (1995), Creative Alternative Futures: The End of Economics (1996), Beyond Globalization (1999), Pour une citoyenneté planétaire (2004) avec Daisaku Ikeda, et Ethical Markets: Growing the Green Economy (2006).

Elle a également produit la série télévisée Ethical Markets.

En 2005, Henderson lance Ethical Markets Media, LLC, pour diffuser des informations sur l'investissement vert, l'économie sociale, la citoyenneté d'entreprise, le développement durable, etc. en mettant à disposition des rapports, articles et bulletins d'information. Puis, en 2007, elle lance la plateforme en ligne EthicalMarkets.TV pour présenter des vidéos de personnes et d'organisations à travers le monde qui s'efforcent de rendre l'activité économique socialement responsable.

Hazel Henderson contribue également à de nombreux périodiques et donne des conférences dans des universités. En 1972, elle cofonde le Princeton Center for Alternative Futures, dont elle est toujours directrice. Elle est membre du conseil d'administration du Worldwatch Institute et du Council for Economic Priorities, entre autres organisations. En 1982, elle a été nommée professeur Horace Allbright à l'Université de Californie à Berkeley.

En 1996, Hazel Henderson reçoit le Global Citizen Award.



› Consulter le site web : hazelhenderson.com

A lire...

“Pour une citoyenneté planétaire”, de Hazel Henderson et Daisaku Ikeda, aux Editions L'Harmattan, 2005.
› Disponible sur l'e-boutique Acep

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