Pour la quinzaine d’étude du mois de décembre, abordons le thème « Vivre chaque journée en créant des valeurs », sur la base d’une phrase des Écrits de Nichiren Daishonin.

Extrait d’un écrit de Nichiren

Renforcez votre foi jour après jour, mois après mois. Si vous relâchez votre détermination, ne serait-ce qu’un petit peu, les démons l’emporteront.
Nichiren, Sur les persécutions subies par le Sage - Écrits, 1008

Extrait d'un commentaire de Daisaku Ikeda

La foi est une lutte incessante contre l’inertie. Nichiren écrit : « Renforcez votre foi jour après jour, mois après mois. Si vous relâchez votre détermination, ne serait-ce qu’un petit peu, les démons l’emporteront. » (Sur les persécutions subies par le Sage, Écrits, 1008) Il écrit aussi : « Soyez toujours assidu dans votre foi afin de réaliser vos désirs. » (Les sabres du bien et du mal, Écrits, 455)

Ne pas avancer équivaut à régresser. M. Toda nous exhortait toujours à ne pas adopter une attitude laxiste dans notre foi et dans notre pratique. Il disait : « Tout, dans l’univers, des étoiles et des planètes jusqu’au plus petit insecte, évolue sans cesse. Rien ne demeure tel quel, même un seul instant. Par conséquent, la question cruciale est de savoir si nous allons changer pour le mieux ou pour le pire. C’est quand nous ne sommes pas conscients de cela que nous cédons à l’inertie. En d’autres termes, succomber à l’inertie a cela d’alarmant qu’il nous est alors totalement indifférent de savoir si nous changeons pour le meilleur ou pour le pire. Qui plus est, quand nous négligeons notre foi, en pratiquant uniquement par la force de l’habitude, nous avons au fond arrêté de pratiquer. La foi dans le bouddhisme de Nichiren est une pratique active pour changer rapidement notre vie pour le mieux. »

Ne pas avancer ne signifie pas simplement stagner, mais régresser. Il n’y a pas de « ça suffira bien comme ça » dans le monde de la foi. La complaisance induit l’inertie qui, à son tour, peut nous conduire à arrêter de pratiquer. Dans une lettre d’encouragement à Dame Nichimyo, une disciple qui avait fait le trajet périlleux jusqu’à l’île de Sado, Nichiren écrit : « Votre foi, je le sais, a toujours été admirable, mais vous devez maintenant la renforcer plus que jamais. C’est alors seulement que les dix filles rakshasa [divinités protectrices du bouddhisme] vous accorderont leur protection. » (La suprématie de la Loi, Écrits, 619)

Quels que soient les efforts que nous avons déployés par le passé sans nous ménager dans la foi, quand notre engagement faiblit ou que nous sombrons dans l’apathie, la protection des divinités célestes – les fonctions positives de l’univers – faiblit aussi. Nous courons également le risque d’effacer toute la bonne fortune que nous avons accumulée jusqu’alors. C’est la raison pour laquelle Nichiren Daishonin exhorte Dame Nichimyo à renforcer davantage encore sa détermination dans la foi.

Tout au long de ses écrits, Nichiren emploie souvent les mots « plus que jamais » pour encourager ses disciples dans leur pratique bouddhique. Pour encourager Shijo Kingo qui avait fait preuve d’un engagement indéfectible dans la foi au moment de la persécution de Tatsunokuchi, Nichiren écrit : « Renforcez plus que jamais votre foi. » (Le bonheur en ce monde, Écrits, 685), et « Vous devez plus que jamais renforcer votre foi. » (Le général Tigre-de-Pierre, Écrits, 963) Le passage que j’ai cité plus haut, « Renforcez votre foi jour après jour, mois après mois » (Sur les persécutions subies par le Sage, Écrits, 1008), était également adressé à titre d’encouragement à Shijo Kingo et à d’autres disciples. L’inertie est souvent difficile à détecter en nous. Ne pas en avoir conscience est peut-être une de ses caractéristiques ainsi qu’une de ses causes.

Un jour, quelqu’un a établi la liste des « symptômes » de la stagnation de la foi. On y trouvait notamment : avoir uniquement des objectifs et des décisions vagues ; faire Gongyo sans prières précises ; faire Gongyo et participer aux activités de la SGI de manière passive, par sentiment d’obligation ; avoir tendance à se plaindre ; ne ressentir aucune joie, enthousiasme ou reconnaissance ; ne pas posséder un fort esprit de recherche ; faire preuve de laxisme au travail et oublier l’importance de mettre sa foi en pratique dans la vie quotidienne. Je pense que chacun de nous peut s’identifier plus ou moins à ces tendances de vie. Nous sommes humains après tout et, par conséquent, imparfaits. Mais Nichiren nous met en garde : « Si votre foi s’affaiblit, et que vous n’atteignez pas la bouddhéité en cette vie, ne m’en faites pas le reproche. » (Lettre à Niike, Écrits, 1040)

Notre pratique bouddhique n’est pas une obligation mais un droit qui nous permet de devenir heureux. Les bienfaits que nous accumulons sont directement proportionnels à notre propre détermination et à nos efforts dans la foi.

Le comité d’étude du mouvement Soka

D. Ikeda, La Sagesse pour créer le bonheur et la paix, vol. 2 – La révolution humaine, partie 2/2, Acep, 2017, p.115-117.


A lire dans le numéro de Valeurs humaines du mois de novembre 2018.
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