Le Bouddha Shakyamuni enseignant le Sûtra du Lotus. Fresque murale, grotte de Mogao n° 98, mur sud, Dunhuang, Chine, période des Cinq Dynasties (Xe siècle). [© Académie de Dunhuang]

Le bouddhisme est l'une des plus anciennes religions du monde. Fondé par le Bouddha historique il y a environ 2500 ans en Inde, il s'est diffusé vers l'est au cours des millénaires qui ont suivis – notamment à travers le Népal, la Chine, la Corée puis le Japon –, avant d'être « découvert » par l'Occident au XIXe siècle. Il est aujourd'hui connu et pratiqué par un nombre croissant de personnes dans le monde entier.

Les trois époques

L'enseignement du Bouddha, en se diffusant, a donné lieu à une très grande diversité de courants, de lignées et d'écoles, prônant chacune des doctrines distinctes. Cette évolution du bouddhisme a été anticipée par le Bouddha lui-même qui donna des indications concernant la validité de ses propres enseignements dans le temps. Ainsi, les textes bouddhiques1 font mention de trois grandes périodes historiques suivant la disparition du Bouddha :

  • l'époque de la Loi correcte : le bouddhisme est correctement transmis et pratiqué. Cette période dure mille ans environ.
  • l'époque de la Loi formelle : le bouddhisme tombe dans le formalisme. Bien que les enseignements demeurent, leur esprit sous-jacent se perd et, par conséquent, les bienfaits qu'ils procurent s'amenuisent. Cette période dure environ mille ans également.
  • l'époque de la Fin de la Loi : le bouddhisme tombe dans la confusion. L'enseignement demeure uniquement sous forme théorique, mais sa pratique correcte et ses bienfaits sont perdus. Plus généralement, la société toute entière est en proie aux troubles et aux conflits. Cette période est censée perdurer « dix mille ans et plus ».

Dans la perspective du bouddhisme de Nichiren cependant, cette dernière époque recèle également la possibilité d'un grand renouveau – à la fois du bouddhisme et de la société. Selon Nichiren, la période « mauvaise » de la Fin de la Loi est également la période de la réalisation de kosen rufu2 : la paix et le bonheur de l'humanité. C'est cette vision pleine d'espoir qui a nourri la flamme spirituelle de Nichiren et de ses disciples, jusqu'à aujourd'hui.

Le “bouddhisme du soleil”

Ce processus historique de transmission vers l'est, de renaissance, puis de « retour vers l'ouest » et vers le monde, avait été prédit par Nichiren Daishonin, dès le XIIIe siècle. Il écrit :

La lune se lève à l'ouest et répand sa lumière vers l'est, mais le soleil se lève à l'est et envoie ses rayons vers l'ouest. Cela s'applique aussi à la Loi du Bouddha. Elle s'est propagée d'ouest en est pendant les époques de la Loi correcte et de la Loi formelle, mais elle se déplacera d'est en ouest pendant l'époque de la Fin de la Loi.
Nichiren, Sur les prophéties du Bouddha concernant l'avenir (Ecrits, 405)

On peut dire que cette prédiction de Nichiren est aujourd'hui devenue réalité avec l'apparition et le développement de la Soka Gakkai internationale, présente dans 192 pays et territoires du monde.


• Carte de la diffusion du bouddhisme en Asie, du IIIe siècle av. J.-C. au XIIIe siècle :

Notes

  • 1. Expression apparaissant dans le 23e chapitre du Sûtra du Lotus. Littéralement, kosen rufu veut dire « large diffusion » des valeurs humanistes professées par le bouddhisme dans le monde.
  • 2. Notamment dans le Sûtra de la Grande Assemblée (jap. Daijuku), ainsi que dans le traité Concepts bouddhiques à la lumière du Mahayana (jap. Daijôgi Shô) de Houei-yan (523-592).

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