Pendant la deuxième quinzaine du mois de juin, nous allons étudier la lignée et la tradition de l’humanisme bouddhique (partie 1), dont le point de départ se trouve dans l’enseignement du bouddha Shakyamuni empreint d’une profonde compassion pour tous les êtres humains.

La Soka Gakkai est une organisation religieuse au sein de laquelle sont pratiqués les enseignements bouddhiques transmis à l’origine par le bouddha Shakyamuni en Inde. Ceux-ci ont été perpétués et développés par les érudits bouddhistes indiens Nagarjuna et Vasubandhu, eux-mêmes révérés en tant que bodhisattvas, puis par les grands maîtres Tiantai (Zhiyi) et Miaole (Zhanran) en Chine, par le grand maître Dengyo (Saicho) au Japon, et par Nichiren Daishonin. La Soka Gakkai s’emploie à conserver l’héritage et la tradition de l’humanisme bouddhique, né avec Shakyamuni, qui prône le respect de la vie et de tous les êtres humains. Ce mouvement se fonde sur le Sûtra du Lotus, un écrit qui se trouve au cœur du bouddhisme Mahayana, et ses pratiquants s’engagent dans la pratique bouddhique et dans des activités adaptées à notre époque. Il perpétue l’esprit fondamental du Sûtra du Lotus enseigné et illustré par Nichiren à travers sa vie et ses actions.

Shakyamuni

Shakyamuni était un prince, qui vécut dans l’Inde ancienne. Son lieu de naissance, Lumbini, est situé dans l’actuel Népal. Dans sa jeunesse, Shakyamuni fut le témoin des inévitables souffrances de l’existence – la naissance, la vieillesse, la maladie et la mort. Bien qu’encore jeune et en bonne santé, il réalisa que lui aussi y serait un jour confronté. Il décida alors de quitter son foyer pour se lancer dans une quête spirituelle et trouver une solution à ces souffrances fondamentales.

En tant que prince, Shakyamuni bénéficiait d’un grand confort et d’une aisance que la plupart des gens pouvaient envier. Mais, quand il prit conscience que les richesses et le luxe tant recherchés par les êtres humains étaient en définitive éphémères et vides, il n’y trouva plus aucun plaisir réel. Cela l’amena à partir en quête d’une philosophie ou d’un enseignement qui clarifie la véritable signification de l’existence humaine.

Un maître dans l'art de la parole

Shakyamuni était un champion de l’humanisme. Il laissait toujours aux autres l’occasion de lui poser des questions et prêchait la Loi dans une atmosphère de dialogue libre et ouvert.
(…) C’était effectivement un maître dans l’art du débat. Le philosophe Karl Jaspers a également qualifié Shakyamuni de maître de la parole. Les mots que prononçait Shakyamuni venaient du plus profond de son être, dictés par un amour et une bienveillance à toute épreuve envers tous les êtres humains.
D. Ikeda, La Nouvelle Révolution humaine, Acep, vol. 3, p.173.

Le Bouddha – L’Éveillé

Shakyamuni ne trouva satisfaction ni dans les enseignements spirituels traditionnels de l’Inde, ni dans les nouvelles écoles de pensée et de croyance qui avaient fini par prévaloir à son époque. Il chercha plutôt, par la pratique de la méditation, à découvrir les causes et solutions fondamentales aux souffrances de la vie. C’est ainsi qu’il s’éveilla au Dharma, c’est-à-dire à la Loi éternelle et universelle qui pénètre toutes les formes de vie et l’univers.

Le nom « Shakyamuni » est un titre honorifique que l’on peut traduire par « le sage des Shakya » – Shakya est le nom du clan auquel il appartenait et muni signifie « sage ». Le titre « Bouddha », sous lequel il est universellement connu, signifie « L’Éveillé ». La Loi à laquelle Shakyamuni s’est éveillée est devenue le cœur des enseignements bouddhiques.

La sagesse de s’éveiller à la dignité inhérente à la vie

Shakyamuni déclara que les êtres humains ignorent la dignité inhérente à leur propre vie parce qu’ils sont régis par l’égoïsme. Cela les amène à se laisser consumer par leurs désirs égoïstes immédiats et à rechercher leur propre bonheur au détriment des autres. Il enseigna donc que le mode de vie le plus noble et le plus admirable permettant de mener une vie véritablement digne consiste à s’éveiller à la Loi éternelle et universelle et à revenir à la pureté de son état de vie originel, libéré de l’ignorance ou de l’obscurité fondamentale. De ce point de vue, l’enseignement du Bouddha correspondait à ce que l’on pourrait appeler « une restauration de la valeur de l’être humain ». Il souligna combien il était important que les êtres humains retrouvent la dignité suprême de leur vie et s’éveillent à leur potentiel infini, en faisant jaillir leur sagesse intrinsèque.

La compassion fondée sur le respect de tous les êtres humains

En éveillant les êtres humains à la valeur et à la dignité de leur propre vie, Shakyamuni leur a appris à comprendre et à respecter également la valeur et la dignité de la vie des autres. Tel est l’esprit fondamental de la compassion bouddhique. Il expliqua un jour à un roi que tous les êtres humains se considèrent eux-mêmes comme ce qu’il y a de plus précieux et que, par conséquent, ceux qui ont l’amour d’eux-mêmes ne devraient pas nuire aux autres. La compassion, telle qu’elle est enseignée par le bouddhisme, consiste à comprendre que les autres sont aussi importants et précieux que nous-mêmes et que, de ce fait, nous devrions les chérir comme nous nous chérissons nous-mêmes. C’est un enseignement qui repose sur la compréhension et le respect mutuels.

Le Sûtra du Lotus – cœur du bouddhisme Mahayana

Shakyamuni exposa ses enseignements pendant environ cinquante ans. Après sa mort, ses disciples compilèrent ses paroles et ses actions. Les principales doctrines du Bouddha furent compilées sous le nom de « sûtras ». Parmi tous ses enseignements, ceux qui traitent de la compassion et de la sagesse sont au cœur des sûtras du Mahayana. Et le plus important d’entre eux est le Sûtra du Lotus, qui a été loué comme « le roi des sûtras ».

Le Bouddha dit que, en exposant le Sûtra du Lotus, il a accompli le vœu qu’il avait émis dans un passé très lointain d’élever tous les êtres humains au même état de vie que lui. De plus, il exhorte à maintes reprises ses innombrables disciples à hériter de ce vœu, ou serment éternel, à le partager, et à le concrétiser en agissant avec compassion.


Pour aller plus loin...

  • La Nouvelle Révolution humaine, vol. 3, Acep, p. 137.
 
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