Dans les années 70, la biologiste Wangari Maathai s’inquiétait de la déforestation dans son pays natal, le Kenya. Au Kenya, comme dans beaucoup de pays en voie de développement, la pauvreté et la forte augmentation de la population ont eu un impact important sur l’environnement naturel.

Les populations pauvres coupaient les arbres pour acheter de l’essence et défrichaient pour cultiver la terre. À mesure que les arbres disparaissaient, les plantes et les espèces animales qui dépendaient d’eux ont commencé aussi à se raréfier. Par ruissellement et ravinement, l’eau de pluie a érodé la terre en l’appauvrissant. Cette dégradation de l’environnement a renforcé le cycle d’appauvrissement. Les conséquences furent la malnutrition, la rareté de l’eau et une augmentation des maladies contagieuses.

En 1977, travaillant pour le Conseil national des femmes du Kenya, une organisation de la société civile locale, Wangari Maathai commença à encourager les femmes des campagnes à planter des arbres. Cette initiative s’est développée rapidement en un large mouvement populaire. À travers le Mouvement de la ceinture Verte (Green Belt Movement) les femmes ont appris à faire pousser et à entretenir des jeunes plants d’arbres, qu’elles replantent là où c’est le plus nécessaire. En échange de ce travail elles sont rémunérées par le Mouvement de la ceinture verte. Ce revenu, gagné par ces femmes, est utilisé pour leur besoins domestiques immédiats et l’éducation de leurs enfants, ou investi dans d’autres entreprises, générant des bénéfices.

C’est très important pour nous d’agir à un niveau local. En effet, parfois quand nous pensons aux problèmes mondiaux, nous nous sentons démunis. Mais lorsque nous agissons à un niveau local, alors nous sommes pleins de force.

Le Mouvement de la ceinture verte enseigne aux gens le lien qui existe entre un environnement non dégradé et une communauté en bonne santé. Les paysans et les villageois ont été aussi formés aux pratiques de gestion agricole telles que le compostage, la conservation des sols et l’usage de la récolte traditionnelle.

Par ce mouvement ont été créés des milliers de groupes locaux de femmes qui font la promotion d’un développement durable et s’investissent aussi dans d’autres problèmes sociaux. Ces femmes ont déjà planté plus de 20 millions d’arbres dans tout le Kenya et fondés plus de 6000 pépinières d’arbres. Plus d’un demi-million d’écoliers ont été aussi formés aux valeurs du développement durable.

Ainsi le Mouvement de la ceinture verte réduit les effets de la déforestation, apporte aux femmes un revenu et leur donne confiance pour assumer des responsabilités dans leurs communautés.

Ce qui a débuté comme une modeste pépinière dans le jardin de Wangari Maathai, s’est maintenant répandu autour du globe; en effet les méthodes du Mouvement de la ceinture verte ont été reprises dans d’autres pays.

Chacun de nous peut apporter sa contribution. Souvent nous cherchons de grandes choses et oublions que, où que nous soyons, nous pouvons être utiles... Parfois je me dit : je peux planter seulement un arbre ici, mais imagine ce qui arriverait si un milliard de personnes faisait quelque chose. Imagine le pouvoir de nos actions.
Tiré du film et de l’exposition Une révolution tranquille.

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