Pour la quinzaine d’étude du mois de février 2026. « Je ne crois pas que les êtres humains soient impuissants. »* Même au cœur des heures les plus sombres, Daisaku Ikeda ne cessa d’affirmer sa confiance absolue en l’être humain. Il rappela jusqu’au bout la nécessité de croire dans les possibilités illimitées de la vie afin de nous rendre capables de réaliser même le grand vœu de la paix mondiale. Nous vous proposons d’approfondir cette conviction qui est au cœur du bouddhisme.
Extrait de La Sagesse du Sûtra du Lotus, vol. 1
K. Saito. Nichiren Daishonin dit « De grandes
luttes et querelles telles qu’on n’en a jamais connu
dans le passé éclateront dans tout le Jambudvipa. »
(Écrits, 547, Choisir en fonction du moment). […]
D’après mon ami, les responsables du comité
d’étude, avec qui vous discutiez à l’époque […],
pensaient pouvoir interpréter cela comme la
prédiction d’une troisième guerre
mondiale. Cela se passant au plus
fort de la guerre froide et de l’escalade dans la constitution de stocks
d’armes nucléaires, beaucoup de
gens craignaient l’imminence d’une
telle guerre planétaire. Mais vous
rejetiez absolument cette idée. Vous
avez déclaré, avec véhémence :
« Si une troisième guerre mondiale se
déclenchait, l’espèce humaine tout entière serait
détruite par les armes atomiques. L’humanité
doit-elle subir des souffrances encore plus cruelles
et plus horribles que celles qu’elle a déjà connues ?
Permettre cela serait un manque de bienveillance abominable de la part de bouddhistes ! Décidons, dès
aujourd’hui, que c’est la Seconde Guerre mondiale que
désignait Nichiren Daishonin en parlant de “luttes et
querelles telles qu’on n’en a jamais connu dans le passé”.
Quoi qu’il arrive, nous ne pouvons absolument pas laisser une troisième guerre mondiale se produire. Prions
devant le Gohonzon avec la forte détermination d’empêcher cela à tout prix, en faisant le serment de propager
la Loi au risque même de notre vie. Réalisons absolument
kosen rufu, concrétisons cet idéal de paix et de bonheur
pour toute l’humanité ! »
Mon ami avait été très impressionné par ce que vous
aviez dit. Il m’a fait remarquer : « De nombreuses religions prêchent Armageddon, ou quelque fin du monde
apocalyptique. Elles cultivent, de façon irresponsable,
des sentiments d’angoisse chez les gens, et certains chefs
religieux et ceux qui les suivent en viennent même à
attendre avec impatience la fin du monde. Le président
Ikeda a fermement déclaré que le bouddhisme de Nichiren
Daishonin enseigne tout à fait le contraire ! »
D. Ikeda. Le bouddhisme de Nichiren Daishonin est
avant tout une philosophie de paix. Le but de Nichiren
Daishonin était d’apporter la paix au monde entier.
D’où sa constante exhortation à « l’établissement de
la Loi correcte » (Rissho), et à la propagation du Sûtra
du Lotus afin que ce but de paix pour toute l’humanité
puisse être concrètement atteint. Nichiren Daishonin
était intimement persuadé que nous pouvions changer
même la réalité la plus sombre et la plus douloureuse,
y compris le danger de la guerre, et qu’il était impératif pour nous de le faire. C’est une conviction qui
sous-tend sa détermination inébranlable à créer une
société en paix en répandant largement le véritable
enseignement bouddhique (rissho ankoku).
(La Sagesse du Sûtra du Lotus, vol. 1, édition 2013,
Acep, p. 169-171)
Extrait du Monde du Gosho, vol. 2
K. Saito. Comme le dit l’historien Arnold J. Toynbee : « Les événements qui font les grands titres attirent notre attention parce qu’ils sont à la surface du courant de la vie, et ils distraient notre attention des mouvements plus lents, impalpables, impondérables qui œuvrent sous la surface et pénètrent au plus profond. Mais en réalité ce sont naturellement ces mouvements plus profonds et plus lents qui, en définitive, font l’Histoire, et ce sont eux qui, rétrospectivement, paraissent énormes, quand les événements sensationnels éphémères ont rapetissé pour retrouver, a posteriori, leurs véritables proportions. »1 […]
D. Ikeda. Cela fait allusion à une transformation fondamentale de la destinée de l’humanité. C’est par nécessité un processus lent et graduel. Mais ce mouvement
constant en réalité change l’Histoire. Par conséquent,
il est important que nous continuions régulièrement
et concrètement à agir pour créer le changement. […]
Josei Toda, le deuxième président de la Soka Gakkai,
expliquait la Cérémonie dans les Airs en ces termes :
« Le grandiose et mystérieux état de bouddha se trouve à
l’état latent dans notre propre vie. Le pouvoir et la nature
de cet état de vie sont au-delà de toute imagination, défiant
toute description. Et pourtant, nous pouvons le manifester
dans notre vie. Cette cérémonie décrite dans le chapitre
“L’apparition de la Tour aux trésors” explique que nous
pouvons, de façon concrète, manifester cet état latent de
la bouddhéité dans notre vie même. »
Notre vie est une magnifique Tour aux trésors, mais il
est difficile de percevoir cette vérité. […] Pour cette raison, Nichiren Daishonin a établi le Gohonzon, faisant
de la Loi fondamentale de Nam-myoho-renge-kyo, le
« clair miroir » dans lequel nous pouvons percevoir la
vraie nature de notre vie. Ce Gohonzon rend possible la
manifestation de la bouddhéité dans la vie de chaque
personne et sur la planète entière. Quand, à l’époque
de la Fin de la Loi, avec le Gohonzon pour clair miroir,
nous croyons que ce même Cosmos en expansion existe
à l’intérieur de nous, nous pouvons ouvrir et manifester dans notre vie cet état immense et sans limites. […]
Le suprême bienfait du Gohonzon consiste à changer la destinée de l’humanité et c’est la foi dans la
Soka Gakkai qui fait surgir ce bienfait. Le temps est
maintenant venu pour que notre réseau de bodhisattvas surgis de la Terre donne le merveilleux pouvoir bénéfique du Gohonzon et dissipe l’obscurité et
les illusions qui recouvrent le monde.
(D. Ikeda, Le Monde du Gosho, vol. 2, Acep, p. 67, 95, 96, 104.
Publication actuellement suspendue.)
Extrait de La Sagesse du Sûtra du Lotus, vol. 1
D. Ikeda. Certaines personnes disent que la tendance dominant actuellement le monde est l’impuissance. […] À l’extrême opposé de ce sentiment d’impuissance, la philosophie du Sûtra du Lotus enseigne qu’un instant de vie contient trois mille mondes (ichinen sanzen) et indique comment appliquer cet enseignement dans notre vie quotidienne. Ce principe – un instant de vie contient trois mille mondes – nous enseigne que la détermination intérieure (ichinen) d’un individu peut tout transformer. C’est l’enseignement qui donne l’ultime expression au potentiel infini et à la dignité inhérente à la vie de chaque être humain.
K. Saito. Nous devons mettre en avant le fait que l’être humain n’est pas une créature faible et à plaindre. […]
D. Ikeda. L’enseignement du Sûtra du Lotus
donne la valeur suprême à l’être humain. […]
Le Sûtra du Lotus enseigne que « le grand trésor
caché du cœur », aussi vaste que l’Univers,
dissipe tout sentiment d’impuissance et suscite une manière de vivre pleine de vigueur,
dans laquelle nous ressentons l’immensité de
la vie de l’Univers. C’est là l’enseignement de
la véritable grande aventure que constitue la
réforme de soi-même.
(La Sagesse du Sûtra du Lotus , vol. 1, éd. 2013, Acep, p. 12, 13, 16, 20)
Extrait de La Nouvelle Révolution humaine, vol. 2
Shin’ichi Yamamoto évoqua ensuite sa propre
expérience de jeunesse. « La période durant
laquelle le président Toda livrait un combat acharné
pour redresser ses affaires après la guerre a aussi
été l’époque la plus sombre de ma vie. Je souffrais de graves problèmes de santé, mon salaire
était constamment versé en retard, et je repoussais chaque jour mes limites. Un jour, quelques
propos défaitistes m’ont échappé en présence
de M. Toda. Je n’oublierai jamais
la sévérité de sa réprimande : “Shin’ichi,
m’a-t-il dit, la foi est un combat incessant contre les impasses. C’est une
lutte entre le Bouddha et les fonctions démoniaques, entre les forces
positives et négatives. C’est ce que
veut dire l’expression : le principe du
bouddhisme, c’est victoire ou défaite”.
Tout le monde est voué à se retrouver dans une
impasse à un moment de sa vie. Pour certains,
c’est dans le domaine professionnel. Il peut arriver
qu’un couple traverse une période de stagnation
dans sa relation. Certains ont parfois l’impression
d’être totalement bloqués dans l’éducation de leurs
enfants, dans leurs relations avec les autres, leurs
activités pour faire connaître le bouddhisme ou
dans l’étude de la doctrine bouddhique.
Néanmoins, le pouvoir du Gohonzon est incommensurable, aussi vaste que l’Univers lui-même.
Nos vies elles aussi sont dotées d’un potentiel illimité. Par conséquent, tout dépend de notre [motivation] intérieure, de notre capacité de conserver
ou non cette détermination. Lorsque nous avons
véritablement compris cela, le chemin de la victoire est déjà grand ouvert.
S’il devait vous arriver d’avoir l’impression d’être
dans une impasse, je vous en prie, relevez le défi :
efforcez-vous de vaincre vos propres faiblesses en
faisant appel au grand pouvoir de la croyance.
Le président Toda disait que c’était le moyen de
“rejeter le provisoire et de révéler le véritable
aspect” dans notre vie. […]
La finalité suprême du bouddhisme est de nous
permettre de surmonter ces impasses en récitant
Daimoku et d’atteindre un état de bonheur absolu […]. »
En tant que gardiennes du bonheur de leur famille,
ces femmes étaient directement confrontées aux réalités de la vie quotidienne. Shin’ichi, qui était parfaitement conscient des difficultés qu’elles devaient
endurer, voulait allumer dans le cœur de chacune
d’elles la flamme du courage. […]
« Le fait que vous soyez si gaies, si sincères, si belles et si
pleines d’énergie est en soi la preuve de la grandeur de
votre croyance. J’espère que chacune d’entre vous mènera
une vie joyeuse et riche de sens, et accédera à un tel état
de liberté que lorsque viendra pour vous le moment de
fêter vos noces d’argent ou d’or, par exemple, vous pourrez voyager là où il vous plaira dans le monde entier. »
(Daisaku Ikeda, La Nouvelle Révolution humaine, vol. 2, Acep, p. 86-88)
Extrait de La Sagesse pour le bonheur et la paix, vol. 3, partie 2
Comment l’humanité du XXIe siècle peutelle surmonter la crise à laquelle nous
sommes confrontés ? Il n’existe, bien
sûr, aucune solution simple, aucune
« baguette magique » qu’il nous suffirait de brandir pour remédier à la situation. Le chemin sera périlleux, car il exige
de trouver une réponse appropriée à un
type de violence qui rejette toute tentative d’engagement ou de dialogue.
Malgré tout, il n’y a pas lieu de sombrer dans un
pessimisme stérile et dénué de sens. Tous les problèmes sont causés par des êtres humains, ce qui
signifie qu’ils doivent avoir une solution humaine.
Quel que soit le temps nécessaire, tant que nous ne
renoncerons pas à démêler les fils qui relient inextricablement toutes ces questions, nous sommes certains de toujours trouver un moyen d’avancer.
L’essentiel, lorsque l’on entreprend de tels efforts,
doit consister à faire apparaître pleinement les possibilités de dialogue. Aussi longtemps que l’histoire
de l’humanité se poursuivra, nous aurons à relever
le défi perpétuel de réaliser, maintenir et consolider
la paix par le dialogue et de faire du dialogue la voie
certaine et incontestable vers la paix. Il nous faut soutenir et proclamer sans cesse cette conviction, quelles
que soient la froideur des sourires ou les remarques
sarcastiques qui nous accueillent. […]
Dans l’esprit de dépasser les différences nationales et
idéologiques, j’ai engagé des dialogues avec des personnalités éminentes dans divers domaines à travers
le monde. J’ai eu des échanges de vues avec des personnes venant d’une multitude d’horizons différents,
aussi bien philosophiques que culturels ou religieux,
notamment du judaïsme, du christianisme, de l’islam, de l’hindouisme et du confucianisme. Ma conviction inébranlable, confortée par cette expérience, est
que l’humanisme doit constituer la base de ce genre
de dialogue au XXIe siècle – un humanisme qui voit
le bien dans ce qui nous unit et nous rapproche et le
mal dans ce qui nous divise et nous sépare.
(Daisaku Ikeda, La Sagesse pour créer le bonheur et la paix, vol. 3,
partie 2, Acep, p. 236, 239))
Ce support est à retrouver dans le numéro de Valeurs humaines du mois de janvier 2026.
Valeurs humaines est le mensuel des associations Soka du bouddhisme de Nichiren. Abonnement / Achat au numéro