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Pour la quinzaine d’étude du mois d’avril, nous vous proposons de revenir sur l’origine du département des hommes, soixante ans après sa création.

Introduction

Le département des hommes fut créé au mois de mars 1966. Dernier des quatre départements qui structurent les activités de notre mouvement, il a pour rôle d’encourager les hommes dans leur croyance tout au long de leur vie et de leur permettre de jouer un rôle de soutien pour tous les pratiquants. Entretenir ainsi la flamme de sa foi pour gagner sur la tentation du repli sur soi est le chemin de ce département conduisant à la victoire pour soi et pour les autres.

 

Extrait du La Nouvelle Révolution humaine, vol. 10

• Lors de cette réunion de février, on annonça aussi la création du département des hommes, de même que la nomination de son responsable, Hiroshi Izumida, le nouveau directeur général. Sept vice-responsables, dont Jujo et Hisao Seki, furent également désignés. Dans la perspective de l’essor de kosen rufu, la création de ce département constituait un événement marquant.
Jusque-là, c’étaient les départements des femmes et de la jeunesse qui étaient en pointe des activités de la Soka Gakkai, les hommes appuyant chaque département en tant que responsables à tous les échelons de l’organisation. Pour cette raison, il avait été convenu à dessein de ne pas organiser les hommes au sein d’un groupe distinct. Toutefois, depuis environ un an, des voix s’étaient élevées pour demander que les hommes aient une contribution plus active sur le front de l’organisation, ce qui leur permettrait de déployer plus largement leurs talents et de jouer un rôle moteur pour les autres départements. L’idée était aussi que cette initiative permettrait en même temps à l’organisation de gagner une confiance accrue dans la société. Sentant que le temps était venu pour les hommes de se dresser, Shin’ichi avait donc décidé de créer ce département.
(D. Ikeda, La Nouvelle Révolution humaine, vol. 10, Acep, p. 326)

• « Si vous persévérez contre vents et marées avec une forte croyance, les membres des autres départements suivront sans hésiter votre brillant exemple. Si, en revanche, vous manquez de sincérité et faites preuve d’opportunisme ou de veulerie, voire si vous abandonnez la pratique, cela en amènera certains à perdre de vue leurs objectifs, et peut-être même à douter de leur croyance. Le rôle du département des hommes est vraiment fondamental. »
Shin’ichi tenait à leur faire mesurer toute l’importance de persévérer dans la croyance jusqu’à la fin de sa vie. Il n’est pas rare de voir la passion des hommes s’émousser lorsqu’ils prennent de l’âge, même s’ils ont été très actifs pendant leur jeunesse et se sont juré de se consacrer à kosen rufu. Il y a de nombreuses raisons à cela. L’une est qu’ils sont plus occupés par leur travail en raison de plus lourdes responsabilités professionnelles ; la maladie ou une santé déclinante peuvent parfois aussi en être la cause. Dans d’autres cas, ils se relâchent dans leur croyance, estimant que puisqu’ils ont consacré beaucoup d’énergie à leurs activités au sein de la Soka Gakkai par le passé, ils méritent bien une pause.
Bien entendu, il y a des moments dans la vie où le travail revêt une priorité absolue. De même, si l’on tombe malade, il est important de se reposer afin de récupérer. Mais la pratique bouddhique est une quête de toute une vie. Quelles que soient les circonstances que l’on puisse rencontrer, il est capital de ne pas reculer dans la foi. La plus infime tentation en ce sens dénote déjà un fléchissement dans notre croyance, même si nous n’en avons peut-être pas conscience. Nichiren Daishonin écrit : « Renforcez votre foi jour après jour, mois après mois. Si vous relâchez votre détermination, ne serait-ce qu’un petit peu, les démons l’emporteront. » (Sur les persécutions subies par le Sage, Écrits, 1008)
Si nous régressons dans la foi ou succombons à la négligence ou à la lâcheté, si peu que ce soit, nous créons alors une brèche où pourront s’engouffrer les fonctions démoniaques afin de tenter de détruire notre croyance ainsi que le fondement de notre bonheur.
(D. Ikeda, La Nouvelle Révolution humaine, vol. 10, Acep, p. 326)

• Shin’ichi espérait que tous les membres du département des hommes continueraient à suivre jusqu’au bout le chemin de l’atteinte de la bouddhéité en cette vie, de leur révolution humaine et de la gloire et de la victoire à travers les trois phases de l’existence. Abandonner sa foi équivaut à se trahir soi-même. Évoquant la fin pitoyable qu’avaient connue les pratiquants qui avaient quitté la Soka Gakkai et calomnié et attaqué le président Toda ainsi que le mouvement, il mit l’accent sur la nécessité de conserver sa croyance jusqu’à la fin de ses jours.
Sa voix vibrait de la ferme détermination de ne pas laisser ne fût-ce qu’un seul membre au bord de la route :
« Nul ne peut échapper au fonctionnement rigoureux de la loi bouddhique de causalité. Par conséquent, quelles que soient les critiques et les attaques dont vous êtes la cible, il est crucial de demeurer constant dans votre croyance, en conservant votre foi dans le Gohonzon et en restant fidèles à la Soka Gakkai, avec la certitude d’accumuler ainsi de grands bienfaits invisibles.
« Citant le Sûtra du Lotus, Nichiren Daishonin déclare sans équivoque que ceux qui maintiennent une croyance solide “jouissent de paix et de sécurité dans leur existence présente et de bonnes circonstances pour leurs existences futures” (SdL-V, 110). Ces paroles de Nichiren Daishonin ne sauraient être mensongères. »
La voix de Shin’ichi redoubla de vigueur :
« Vous entamez la période de consolidation des fondements pour le chapitre final de votre vie. Chacun de vous possède de formidables capacités. J’espère que vous emploierez tous vos talents à faire progresser kosen rufu. »
(D. Ikeda, La Nouvelle Révolution humaine, vol. 10, Acep, p. 341-342)

• En japonais, le nom du département des hommes est sonen-bubu signifiant « département » et sonen littéralement « hommes dans la force de l’âge ». Il importe donc que, tout en gardant calme et sang-froid, les pratiquants de ce département fassent également montre de courage, d’énergie, et d’un goût de l’action en tant que personnes brûlant d’un engagement passionné pour kosen rufu.
Outre Shijo Kingo, à Kamakura, les disciples clés de Nichiren Daishonin dans la province de Shimousa (située dans les actuelles préfectures de Chiba et Ibaragi) étaient Toki Jonin, Ota Jomyo et Soya Kyoshin, tous des hommes dans la force de l’âge.
En 1260, Toki Jonin offrit refuge à Nichiren Daishonin dans sa demeure après la persécution de Matsubagayatsu, où des croyants de l’école de la Terre pure (Jodo) avaient attenté à la vie de ce dernier. Il avait quelques années de plus que Nichiren et était âgé d’environ quarante-cinq ans, lorsqu’il se joignit au combat visant à propager la Loi merveilleuse. Ota Jomyo, converti aux enseignements de
Nichiren par Toki Jonin, était, pense-t-on, du même âge que ce dernier. Soya Kyoshin avait deux ans de moins que Jomyo. Ainsi, lors de la persécution de Tatsunokuchi, en 1271, Toki Jonin avait approximativement cinquante-six ans, Ota Jomyo environ cinquante ans et Soya Kyoshin, environ quarante-huit. Parce que ces hommes se sont dressés pour combattre avec bravoure et ont incité leurs amis pratiquants à faire de même, ils ont sans aucun doute été des modèles de conviction inébranlable aux yeux d’un bon nombre de disciples qui furent ainsi encouragés à persévérer dans la croyance face à de grandes persécutions.
Là où se trouvent des hommes de cette trempe, ceux qui les entourent se sentent rassurés. Voir les hommes se dresser insuffle du courage aux autres. Leur présence est capitale, et leur potentiel, énorme.
(D. Ikeda, La Nouvelle Révolution humaine, vol. 10, Acep, p. 336-337)

 

Extrait de Les Piliers en or de Soka

• Le département des hommes a été créé en mars 1966, quinze ans après la création des départements des femmes et de la jeunesse. Le dernier personnage qui arrive à l’assemblée du Sûtra du Lotus est le bodhisattva Sagesse-Universelle.
Comme pour rattraper son retard, il fait le vœu de protéger les pratiquants du Sûtra du Lotus à l’époque de la Fin de la Loi. Le Bouddha se réjouit de son engagement passionné. Lors de la création de notre nouveau département, nous, pratiquants du département des hommes, avons décidé qu’il ne serait pas simplement un département parmi les autres au sein de la Soka Gakkai, mais qu’il servirait de pilier en or pour notre mouvement, en devenant un facteur d’harmonie entre les départements et en prenant la responsabilité de soutenir et de protéger la Soka Gakkai ainsi que ses pratiquants. Fidèles à leur vœu, les hommes, champions de la Loi merveilleuse, se sont courageusement dressés dans l’action. Luttant à mes côtés, ils ont pris la responsabilité de kosen rufu, en faisant de leur mieux pour encourager et pour soutenir leurs compagnons de pratique dans les groupes, districts et chapitres. Comment la Soka Gakkai a-t-elle pu connaître un tel essor et rester inébranlable face aux obstacles et aux difficultés ?
C’est grâce à la présence solide et rassurante des pratiquants du département des hommes, les piliers en or du mouvement Soka, dans chaque ville, chaque région.
Comment pourrais-je oublier ces nobles hommes qui ont protégé avec courage et persévérance la citadelle Soka, en dépit des tempêtes de l’adversité les plus violentes qui ont secoué leur vie ou la société ? Nichiren écrit : « [...] on appelle souverain celui dont la présence s’impose dans les royaumes du ciel, de la terre et de l’humanité, sans jamais vaciller si peu que ce soit. » (Chevaux blancs et cygnes blancs, Écrits, 1073) Nous pratiquons la Loi merveilleuse qui pénètre l’Univers entier, selon le principe des « trois mille mondes en un instant de vie ». Sans nous reposer sur le pouvoir séculier ou la richesse, nous luttons pour faire surgir le pouvoir authentique, intrinsèque de notre vie, en faisant tout notre possible en tant que pratiquants du département des hommes pour répondre aux défis posés par la vie – les souffrances inévitables de la naissance, de la vieillesse, de la maladie et de la mort –, afin de conduire toute la famille Soka vers l’avant. Bien que nos efforts puissent passer inaperçus, nous sommes de fiers « souverains » de la vie.
(D. Ikeda, Les Piliers en or de Soka, Acep, p. 299-300)

• Si le département des hommes brille avec l’éclat de la vigueur et de l’enthousiasme, le département des femmes en sera ravi ; le département de la jeunesse sera lui débordant de vitalité et d’énergie et le groupe Avenir se développera avec force et bonheur. Les personnes de notre entourage, la société dans son ensemble, pourront alors bénéficier de tout ce climat positif. Un pilier en or transforme tout ce qui l’entoure en or.
Dans les Enseignements oraux, Nichiren écrit : « Le Daimoku du Sûtra du Lotus [Nam-myoho-renge-kyo] est semblable au rugissement d’un lion. » (OTT, 152) Plus nous sommes confrontés aux défis, et plus il est nécessaire de réciter le Daimoku. Notre « rugissement de lion » invincible, c’est-à-dire notre récitation de Nam-myoho-renge-kyo, nous permet de faire apparaître notre puissante force vitale et de triompher immanquablement de toutes les difficultés.
(D. Ikeda, Les Piliers en or de Soka, Acep, p. 295)

 

Pour aller plus loin...

Retrouvez d’autres textes dans le dossier « Les piliers en or de Soka » dans la revue Discours et entretiens de Daisaku Ikeda de mars 2026.
Commander sur le site de l'Acep

 

Ce support est à retrouver dans le numéro de Valeurs humaines du mois de mars 2026.
Valeurs humaines est le mensuel des associations Soka du bouddhisme de Nichiren. Abonnement / Achat au numéro

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