Entre les mois de janvier et de mai 1956, sous l’impulsion de Daisaku Ikeda alors jeune disciple du président Toda, le chapitre Osaka dans le Kansai connut un développement sans précédent. Pendant la quinzaine d’étude du mois de mai, nous vous proposons d’étudier ensemble cette aventure humaine exceptionnelle susceptible de nous inspirer éternellement dans la réalisation de notre grand vœu de kosen rufu.
Extraits de La Révolution humaine, tome III
Lorsque Shin’ichi Yamamoto arriva à Osaka,
dans la soirée du 4 janvier 1956, il avait
plu toute la journée. La pluie maintenant avait cessé, mais le ciel était toujours sombre et il faisait froid. [...]
Yamamoto se joignit à une vingtaine
de membres du bureau et fit Gongyo
avec eux. Sa voix grave et sonore
emplit la pièce et une récitation fervente de Daimoku, à l’unisson, lui fit
bientôt écho. Lorsque la pratique fut
terminée, Yamamoto resta un instant à genoux,
face au Gohonzon, puis se tournant vers les
autres, il leur dit :
« Dans la grande lutte qui va être la nôtre, nous avons l’immense chance de bénéficier de la protection du Gohonzon.
Comme vous le savez, sur le Gohonzon, on trouve très
précisément écrit : “Prospérité de la Grande Loi et réalisation de tous les vœux”.
La Loi bouddhique va prospérer dans la région du Kansai
et tous nos désirs seront exaucés. Nous avons le Gohonzon
avec nous. Autrement dit, c’est comme si la bataille était
gagnée d’avance.
[...]
« Je prends la pleine responsabilité de cette lutte, au nom
du président Toda. J’engage chacun de vous à ne pas
oublier que l’essentiel se joue au niveau de la foi. Soyez
bien persuadés que nous allons gagner. »
Cette déclaration victorieuse, que l’on aurait pu
croire spontanément improvisée, avait en fait coûté
à Yamamoto des jours et des nuits de lutte contre le
doute et l’angoisse. [...]
L’inquiétude devant les problèmes qui se posaient le
mettait parfois dans un état proche du désespoir. Mais
en approfondissant sans cesse un passage du Gosho
après l’autre, il finit par le voir clairement : la force
numérique n’était pas le véritable problème. La vraie
question était la foi. Le pouvoir de la foi bouddhique
est sans limites. Il savait qu’il ne pouvait s’appuyer
que sur le Gohonzon et le Gosho qui dit : « Employez
la stratégie du Sûtra du Lotus avant toute autre. » (La
stratégie du Sûtra du Lotus, Écrits, 1011).
Lorsque cela ne fit plus aucun doute dans son esprit,
Yamamoto décida que la première chose à faire serait
de renforcer la foi des membres actuels d’Osaka
et d’intensifier les activités de [transmission de
l’enseignement]. Pour permettre aux membres du
district1 d’Osaka relativement nouveaux dans la pratique de comprendre la grandeur du bouddhisme [de
Nichiren], il décida de donner des cours aux candidats à l’entrée au département d’étude. Il leur prouverait ainsi la justesse de ces principes par l’étude
des textes et de la philosophie aussi bien que par des
témoignages d’expériences vécues.
(Daisaku Ikeda, La Révolution humaine, tome III, Le Rocher, 1988,
p. 261-264; ce livre est épuisé)
Extraits de La Sagesse pour créer le bonheur et la paix, vol. 4
Lors du lancement de la campagne d’Osaka
de 1956, où nous avons atteint un objectif
en apparence impossible, les pratiquants du Kansai et moi avons
lu le passage suivant des écrits de
Nichiren : « Aussi troublée que soit
l’époque à venir, je prie pour que le
Sûtra du Lotus et les dix filles rakshasa vous protègent tous. Je prie ainsi
avec autant de ferveur qu’il en faudrait pour produire du feu avec du
bois humide ou tirer de l’eau d’un sol
desséché. » (Réprimander les oppositions à la Loi
et éradiquer les fautes, Écrits, 448)
Nous avons gravé ces mots éternels dans notre
vie et nous nous sommes lancés dans notre
campagne de transmission dans un contexte
confus et troublé, avec une foi forte et une prière
confiante. [...]
En partageant des passages qui répondaient à la
situation personnelle et aux conditions de vie de
chacun, j’ai cherché à transmettre à tous ces pratiquants l’importance de mettre l’étude bouddhique
en pratique. Leur esprit de recherche ardent dans la
foi et leur passion pour l’étude des enseignements
de Nichiren, fondés sur l’engagement commun du
maître et du disciple, ont ouvert la voie de la victoire.
(La Sagesse pour créer le bonheur et la paix, vol. 4, Acep
2021, p 66-67)
(D. Ikeda, Les Piliers en or de Soka, Acep, p. 295)
Extraits de La Jeunesse et les écrits de Nichiren
• D. Ikeda. Au cours de la campagne d’Osaka, en
1956, les pratiquants du Kansai se sont joints à
moi pour étudier les écrits de Nichiren et s’efforcer de réaliser kosen rufu en se fondant sur
ces enseignements. Ils ont remporté la victoire
à force de s’entraîner, exactement comme l’a
enseigné Nichiren. [...]
Les Écrits de Nichiren sont une source d’espoir,
une mélodie de joie, une épée de courage
ornée de pierres précieuses, un étendard
de la justice, un flambeau de la paix. Ce
sont des enseignements pour permettre
aux maîtres et aux disciples dans la foi de
remporter la victoire éternelle. Nichiren
cite un passage du Commentaire textuel du Sûtra du Lotus du grand maître
Tiantai : « On accepte [ce Sûtra] grâce au
pouvoir de sa propre foi et l’on persévère
grâce au pouvoir de sa détermination constante. »
(La difficulté de garder la foi, Écrits, 472) Recevoir
et garder les enseignements bouddhiques corrects correspond à l’engagement le plus noble
qui soit. Lorsque nous suivons la philosophie
du bouddhisme de Nichiren, nous n’avons
rien à craindre. Lorsque la jeunesse se dresse
avec la détermination d’établir l’enseignement
correct pour la paix dans le pays, elle est invincible. Rien ne peut arrêter le rassemblement de
personnes ordinaires qui ont gravé dans leur
cœur les écrits de Nichiren et qui luttent avec
une puissante conviction. [...]
M. Toda disait souvent : « La nature de toute question
se trouve dans les écrits de Nichiren. En nous fondant
sur la plus grande des valeurs, la Loi bouddhique, nous
trouvons la voie pour avancer dans n’importe quelle circonstance. » Chaque mot, chaque phrase des Écrits
vibre du fervent désir de Nichiren de conduire toute
l’humanité à l’éveil. Son œuvre rayonne de sa bienveillance infinie et de sa profonde philosophie qui
permettent de redonner le goût de vivre à ceux qui
sont submergés par la souffrance, et de les conduire
sur la voie du bonheur. Elle contient la clé pour remporter la victoire dans la vie et pour kosen rufu, elle
présente une direction philosophique qui se fonde
sur la Loi merveilleuse.
(D. Ikeda, Les Piliers en or de Soka, Acep, p. 295)
• D. Ikeda. Dans un passage de La suprématie de la
Loi que j’ai étudié à l’époque avec les pratiquants du
Kansai, Nichiren déclare : « Renforcez plus que jamais
votre détermination. La glace est composée d’eau, mais
elle est plus froide que l’eau. La teinture bleu indigo vient
de l’indigotier, mais quand on teint quelque chose à de
multiples reprises, on obtient une couleur plus pure que
celle provenant de l’indigotier. Le Sûtra du Lotus reste
le même, mais si vous renforcez sans cesse votre détermination, la couleur de votre vie sera plus belle que celle
des autres, et vous obtiendrez plus de bienfaits qu’eux. »
(Écrits, 619)
« Renforcez sans cesse votre détermination », dit Nichiren.
La persévérance et la ténacité sont cruciales dans
n’importe quelle entreprise. Il y aura des moments
où les choses n’évolueront pas comme vous l’avez
espéré, mais ne vous laissez pas décourager par des
revers insignifiants. Continuez d’aller de l’avant
avec persévérance, patience et courage jusqu’à la
victoire. L’esprit du Kansai est l’esprit indomptable
suprême. Cette puissance extraordinaire de la pratique et de la foi fait bouger tous les bouddhas et les
divinités de l’univers, et fait apparaître une protection résolue qui est la manifestation du pouvoir du
Bouddha et de la Loi. Comme l’écrit Nichiren : « Ce
monde saha est une terre où l’on trouve la voie grâce à
l’ouïe […] Par conséquent les êtres vivants dont les oreilles
sont touchées par le Daimoku [Nam-myoho-renge-kyo] sont des êtres vivants qui obtiendront des mérites. »
(WND-II, 87-88) La clé est de transmettre courageusement aux autres notre noble cause. La voix a le pouvoir de transformer le cœur des personnes, elle peut
leur apporter des bienfaits et de la bonne fortune, et
même complètement transformer un pays. L’avenir
du kosen rufu mondial dépend de vous tous, les pratiquants actuels de la jeunesse. C’est maintenant le
moment crucial. La vie est une question de victoire
ou de défaite, tout comme la période de la jeunesse,
et le bouddhisme existe afin de vous permettre d’être
vainqueur dans toutes vos épreuves.
(D. Ikeda, La Jeunesse et les écrits de Nichiren, Acep, 2016,
p. 96-97)
Extraits de La Nouvelle Révolution humaine, vol. 23
Shin’ichi lança ses activités en se déplaçant
dans tous les quartiers d’Osaka pour y encourager les pratiquants. Il utilisait le plus souvent une bicyclette empruntée à un pratiquant
local. Il lui arrivait d’avoir une crevaison et de
terminer le parcours à pied, en tenant sa bicyclette à la main, à travers les rues nocturnes plongées dans le noir.
Pour encourager les pratiquants, il se rendit jusque dans des quartiers où des maisons minuscules s’entassaient les unes
contre les autres le long d’allées étroites
envahies par l’odeur du poisson grillé. Il
se rendit aussi dans des endroits où l’on
voyait les champs s’étendre à l’infini.
La plupart des pratiquants le recevaient
avec joie, en montrant combien ils appréciaient
qu’il ait fait l’effort de leur rendre visite.
Certains cependant se montraient plus froids.
Mais Shin’ichi allait vers chacun avec un sourire chaleureux et engageait le dialogue en s’efforçant d’encourager tout le monde.
(D. Ikeda, La Nouvelle Révolution humaine, vol. 23, Acep,
2023, p. 214)
Extraits de Réaliser l’impossible
La révolution humaine consiste à rencontrer
les gens. Kosen rufu consiste à échanger. Ces
actions incarnent le courage, la sagesse et la
compassion.
Partout où j’allais se déroulaient des scènes
enthousiasmantes et inspirantes de vie à vie,
soulevant une succession de vagues
de joie.
Quand je m’arrêtais au domicile
d’un responsable local mais que
ce dernier était absent, je laissais
toujours un message d’encouragement pour lui et sa famille. Et
pendant mes tournées dans les
lieux qui accueillaient des réunions locales, généralement des pratiquants,
je prenais mon pinceau pour calligraphier des
messages ou des mots à l’attention de ces hôtes
de réunion comme : « Lutte décisive », « Lutte
courageuse », et « Grand triomphe ».
Un sentiment de fraternité se répandit ainsi à
la vitesse de l’éclair. Et rapidement, les pratiquants firent preuve d’un grand et vif esprit de
défi et se consacrèrent à agir ensemble pour la
cause commune de kosen rufu. Tous mes fidèles
compagnons de pratique à Osaka comprirent
le sens de mes objectifs et de mes décisions
résolues. Ils se dressèrent et luttèrent inlassablement à mes côtés, partageant à la fois nos
joies et nos peines. J’ai lu de très nombreux
passages des écrits de Nichiren avec les pratiquants du Kansai, notamment : « Une journée
de vie a plus de valeur que tous les trésors du système de mondes majeurs. » (Sur la prolongation
de la durée de la vie, Écrits, 966). Faisons tout
notre possible en cette précieuse et irremplaçable journée et consacrons notre vie à kosen rufu et au bonheur de l’humanité afin de ne
pas avoir de regrets ! Être toujours victorieux
signifie remporter résolument la victoire au présent ; cela signifie gagner aujourd’hui même.
En traversant les rudes épreuves en parfaite
unité avec l’esprit de Nichiren, les pratiquants
du Kansai ont triomphé !
(D. Ikeda,
Pour aller plus loin...
- La Jeunesse et les écrits de Nichiren, chap. 8 et 9, Acep, 2016 p. 77- 97.
- Réaliser l’impossible, Acep 2025 p. 61-69.
- La Révolution humaine, tome 3, livre 10, éditions du Rocher, 1988 (Titre épuisé).
- Valeurs humaines n° 184 de février 2026, article « Osaka 1956 : quand l’impossible devient possible – l’esprit victorieux du Kansai », p. 12-15.
Ce support est à retrouver dans le numéro de Valeurs humaines du mois d'avril 2026.
Valeurs humaines est le mensuel des associations Soka du bouddhisme de Nichiren. Abonnement / Achat au numéro
- * Daisaku Ikeda a écrit : « Hériter de l’esprit du Kansai et de l’esprit de la Soka Gakkai, c’est hériter de l’esprit de la paix », NRH vol. 30-II, p. 226.
- 1. ↑ Un district était composé de plusieurs groupes de réunions de discussion dans un même secteur géographique.