Pour la quinzaine d’étude du mois d’octobre, abordons la Cérémonie dans les Airs décrite dans le Sûtra du Lotus. Vous pouvez retrouver l’intégralité du dossier d'étude mensuelle dans la nouvelle publication d’étude bouddhique Envol*.
Introduction
La Cérémonie dans les Airs symbolise l’existence d’un bonheur potentiel illimité dans la vie de chaque être humain, aussi gigantesque que l’univers. Nos expériences personnelles qui illustrent le pouvoir infini de la Loi merveilleuse, racontées en réunion de discussion ou à l’occasion de nos rencontres, sont des versions modernes des paraboles du Sûtra du Lotus.
Extraits du Dossier d’étude mensuelle d’Envol n° 1
D. Ikeda. La Cérémonie dans les Airs ne se déroule donc pas dans un lieu ni dans un temps particuliers. Elle est valable pour n’importe quel lieu et n’importe quelle époque. Maintenant, au-delà du sens particulier de cette Cérémonie dans les Airs, nous devrions bien réfléchir aussi à ce que signifie le fait que le Sûtra du Lotus est enseigné, dans sa totalité, en « Trois Assemblées et deux lieux ».
H. Suda. Je pense que, du point de vue de la philosophie de la vie, le fait que les deux assemblées se tiennent sur le pic de l’Aigle, avant et après la Cérémonie dans les Airs, a un sens très profond.
D. Ikeda. Oui. La progression de l’Assemblée, partant
du pic de l’Aigle, s’élevant dans les airs et redescendant de nouveau sur le pic de l’Aigle, correspond à
trois étapes : la réalité, l’illumination et le retour à la
réalité. Ou plus précisément : la réalité observée par
une personne qui n’a pas encore atteint l’éveil, puis
l’éveil lui-même, et, enfin, la réalité vue par une personne qui a atteint l’éveil. Nous devrions nous efforcer de briser les chaînes du temps et de l’espace, des
désirs terrestres et des souffrances de la vie et de la
mort qui nous maintiennent attachés à « la terre de la
réalité », et nous élever dans « les airs », dans le ciel
élevé de l’illumination, d’où nous pouvons apercevoir
avec sérénité toute chose. Vus de cette magnifique hauteur, nos souffrances et nos soucis, nos émotions passagères, joie, colère et tristesse, ne sont plus que des
incidents éphémères et insignifiants, aussi infimes
qu’un minuscule morceau de bois flottant sur le vaste
océan.
Nichiren Daishonin écrit : « Prenez les souffrances et les
joies comme elles se présentent. Considérez la souffrance
et la joie comme des réalités de la vie et continuez à réciter Nam-myoho-renge-kyo, quoi qu’il arrive. Qu’est-ce
que cela désigne sinon la joie illimitée de la Loi ? » (Le
bonheur en ce monde, Écrits, 685)
Voir les choses de cette manière, c’est les observer
dans la perspective du bouddhisme et avec les yeux
de la foi. La récitation de Nam-myoho-renge-kyo est la
pratique qui nous permet d’acquérir cette vision que
rien ne peut perturber. Nichiren Daishonin déclare
aussi : « Le “lieu” où Nichiren et ses disciples récitent
Nam-myoho-renge-kyo avec foi, correspond au passage
“élevé dans les airs”. Autrement dit, ils se trouvent au
cœur de la Cérémonie dans les Airs. » (GZ, 740)
Lorsque nous faisons Gongyo et Daimoku devant le
Gohonzon, en effet, nous rejoignons immédiatement
la Cérémonie dans les Airs, nous y participons. II n’y
a rien de plus merveilleux !
Josei Toda disait souvent, à ce sujet : « Dans notre vie
quotidienne de simples mortels, il n’y a pas de lieu plus
noble et plus sacré que celui où nous pratiquons Gongyo
et Daimoku. » S’élever dans les airs signifie élever
notre état de vie par une foi inébranlable. C’est le
sens du départ de la première assemblée du pic de
l’Aigle et de son élévation dans les airs.
K. Saito. La Cérémonie dans les Airs et le retour au pic de l’Aigle symbolisent le retour à la réalité de la vie quotidienne et de la société, et la confrontation avec les difficultés qu’elle présente grâce à la force de l’état de bouddha obtenue par Gongyo et Daimoku.
D. Ikeda. Tout à fait. La foi équivaut à la vie quotidienne, et inversement. Le Sûtra du Lotus ne sort jamais de la réalité, c’est sa grandeur. Après un séjour « dans les airs », les réalités de la vie quotidienne, si détestables qu’elles aient pu nous paraître à un moment donné, deviennent un moyen de prouver aux autres notre bouddhéité. Souffrances et troubles nous permettent d’approfondir notre foi, et, lorsque nous les avons surmontés, de donner une preuve concrète des bienfaits de la pratique bouddhique. C’est le sens des principes bouddhiques « les désirs mènent à l’illumination » et « transformer le poison en remède ».
Une clé pour comprendre
La Cérémonie dans les Airs est l’une des trois assemblées décrites dans le Sûtra du Lotus, au cours de laquelle tous les participants sont suspendus dans les airs au-dessus du monde saha [notre monde, qui se caractérise par une multitude de souffrances, souvent traduit par le monde de l’endurance]. La description s’étend du 11e chapitre, « L’apparition de la Tour aux trésors », jusqu’au 22e chapitre, « Transmission ». Le cœur de cette cérémonie est la révélation de l’illumination originelle du Bouddha dans un passé lointain et la transmission des principes essentiels du Sûtra du Lotus aux bodhisattvas surgis de la Terre, guidés par le bodhisattva Pratiques-Supérieures.
(Daisaku Ikeda, La Jeunesse et les écrits de Nichiren, termes bouddhiques, Acep, page 203)
Pour aller plus loin...
- Le Cœur du Sûtra du Lotus, Acep, p. 11 ; 37.
- La Sagesse du Sûtra du Lotus, vol. 1, Acep, p. 94-109.
- La Sagesse du Sûtra du Lotus, vol. 2, Acep, p. 455 ; 515 ; 516.
Ce support est à retrouver dans le numéro de Valeurs humaines du mois de septembre 2026.
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- * La revue Envol qui fait suite aux D&E, est le nouveau mensuel d'étude bouddhique publié par l'ACEP.