Ce mois de mai, abordons un nouveau point essentiel du Sûtra du Lotus inscrit au programme de l’activité d’étude Niveau 2 : la révélation que l’état de bouddha est éternel.

Nichiren et le Sûtra du Lotus – L’atteinte de la bouddhéité dans le passé infiniment lointain

Un principe central de l’enseignement essentiel du Sûtra du Lotus (seconde moitié) est la révélation de l’atteinte de la bouddhéité par Shakyamuni dans le passé infiniment lointain.

Dans les enseignements antérieurs au Sûtra du Lotus et jusqu’à l’enseignement théorique de ce Sûtra (la première moitié), Shakyamuni […] aurait atteint l’illumination, ou bouddhéité, pour la première fois alors qu’il était assis en méditation sous l’arbre de la Bodhi […] Selon ces enseignements, les causes qu’il avait créées et accumulées au fil de nombreuses vies consacrées à la pratique bouddhique lui avaient permis d’accumuler des bienfaits et des vertus grâce auxquels il put atteindre la bouddhéité dans sa vie présente en Inde. Mais lorsqu’il révèle avoir atteint l’illumination dans un passé infiniment lointain, il annihile totalement cette conception antérieure.

Comme nous l’avons expliqué précédemment, dans l’enseignement théorique, le concept de « réalité ultime de tous les phénomènes » révèle qu’il n’existe aucune différence essentielle entre un bouddha et une personne ordinaire, parce qu’ils sont tous deux des émanations de Myoho-renge-kyo. Cependant, selon cet enseignement théorique, bien que la bouddhéité soit inhérente à la vie des personnes ordinaires et que tout le monde, à tout moment, puisse l’atteindre, il faudrait en fait pratiquer durant de nombreuses vies pour y parvenir. Shakyamuni lui-même est considéré comme n’ayant atteint la bouddhéité qu’au terme de pratiques incroyablement longues et, par conséquent, les disciples devraient eux aussi se livrer aux mêmes pratiques que leur maître.

En revanche, à partir de l’exemple de Shakyamuni qui atteignit l’illumination dans le passé infiniment lointain, l’enseignement essentiel explique que la bouddhéité ainsi que les neuf autres états existent de manière inhérente dans la vie des êtres humains, et que ces derniers peuvent manifester leur état de bouddha à n’importe quel moment, dans de bonnes conditions. […]

On lit dans ce chapitre (16e ) : « Un nombre incommensurable, incalculable, des centaines, des milliers, des dizaines de milliers, des millions de nayuta de kalpa se sont écoulés depuis que j’ai en fait atteint la bouddhéité. » (SdL-XVI, 217) Cela signifie que l’état de bouddha est éternel et toujours présent.

Après avoir révélé avoir atteint la bouddhéité pour la première fois dans le passé infiniment lointain, Shakyamuni déclare : « Dès l’origine, j’ai pratiqué la voie des bodhisattvas et la longévité que j’ai alors acquise n’est pas encore arrivée à son terme, mais durera deux fois le nombre d’années déjà écoulées. » (SdL-XVI, 219) Cela signifie que les neuf états, représentés ici par l’état de bodhisattva, sont eux aussi éternels et toujours présents.

Les deux passages ci-dessus signifient que l’état de bouddha et les neuf autres états existent toujours dans la vie de Shakyamuni.

Avant que le Sûtra du Lotus ne clarifie que Shakyamuni atteignit la bouddhéité dans le passé infiniment lointain, il était enseigné qu’il était devenu bouddha dans son existence présente en Inde, après avoir éliminé de sa vie les neuf états et les illusions qui en découlent.

En revanche, en révélant qu’il atteignit pour la première fois la bouddhéité dans le passé infiniment lointain, Shakyamuni indique que, à l’intérieur de sa propre vie, les neuf états existent tous intrinsèquement dans l’état de bouddha. C’est pour cela que vie après vie, dans le passé, il a pu apparaître sous diverses formes, en tant que bodhisattva, et poursuivre sa pratique bouddhique. Même si son apparence et ses actions étaient celles d’un bodhisattva, la bouddhéité était toujours présente dans sa vie. Il incarnait ainsi le principe de possession mutuelle des dix états. Shakyamuni, le bouddha qui a atteint l’illumination dans le passé infiniment lointain est en fait libéré du cycle des naissances et des morts mais, afin d’éveiller chez les autres le désir de rechercher ses enseignements, il disparaît. Il déclare dans le chapitre « Durée de la vie » du Sûtra du Lotus : « Je parais entrer dans le nirvana, mais ce n’est qu’un moyen opportun, en vérité je n’entre pas dans l’extinction. » (SdL-XVI, 221)

De plus, le Sûtra explique que ce bouddha éternel réside toujours dans la Terre de la lumière éternellement paisible, qui correspond au monde saha où vivent les personnes ordinaires dans les neuf états. (C’est le principe selon lequel le monde saha est la Terre de la lumière éternellement paisible.) Le Bouddha apparaît partout et à chaque fois que les êtres humains le recherchent de tout leur cœur et luttent dans leur pratique bouddhique, sans ménager leur vie.

En d’autres termes, quand nous croyons dans le Sûtra du Lotus et que nous le pratiquons, notre état de bouddha inhérent apparaît, et simultanément, notre environnement devient la Terre de bouddha. Cela est dû au fait que la vie de chaque être humain est dotée intrinsèquement de l’état de bouddha. Cette nature de bouddha inhérente fonctionne comme une cause interne qui, en réponse à des conditions favorables, fait surgir, quel que soit le lieu et le temps, le bienfait de la bouddhéité dans notre vie et dans notre environnement.

Ce principe de l’atteinte de la bouddhéité par Shakyamuni dans le passé infiniment lointain éclaire ce qu’est la réalité ultime de la vie ; à savoir que, depuis le passé infiniment lointain et jusque dans l’avenir éternel, nous sommes tous fondamentalement bouddhas.


• Annexe

Extrait de La Sagesse du Sûtra du Lotus, vol. 2, Acep, pp. 19-20

D. Ikeda. Le but du chapitre « Durée de la vie » est d’enseigner que non seulement le véritable Shakyamuni, mais en réalité tous les simples mortels sont bouddha depuis le plus lointain passé ; et de leur faire prendre conscience de cela. Son objectif est d’ouvrir les yeux des êtres humains à l’immensité et à l’éternité de l’univers. Et c’est la révélation, par Nichiren Daishonin, de cet « enseignement caché entre les lignes du Sûtra » (Nam-myoho-renge-kyo) qui rend concrètement cette prise de conscience possible.

 
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