Nichiren calmant la mer, en chemin vers l'île de Sado. Par Kuniyoshi. [DR]

Naissance

Nichiren Daishonin est né le 16 février 1222, dans le village de Kominato, sur la côte est de la province d’Awa, dans l’actuelle préfecture de Chiba. Son père s’appelait Mikuni no Tayû et sa mère Umegiku. C’était un couple de pêcheurs. Comme le dit Nichiren Daishonin dans la Lettre de Sado, il était « le fils d’une famille de chandâla ». Les chandâla constituaient la plus basse caste dans le système social indien avec des professions telles que pêcheur, geôlier et boucher. Nichiren Daishonin reconnaît donc dans cette affirmation que ses origines étaient des plus humbles. On l’appela Zennichimaro et il vécut dans un village de pêcheurs jusqu’à l’âge de douze ans, âge auquel il quitta le logis familial pour aller étudier le bouddhisme au temple Seichô-ji, situé non loin de là.

Enfance au temple Seichô-ji

Le temple Seichô-ji appartenait à l’école Tendai, et, selon l’usage de l’époque, Nichiren Daishonin y étudia donc les doctrines du Tendai aussi bien que celles du Shingon, sous la responsabilité de Dôzen-bô, supérieur du temple. Au cours de ses études, il fut peu à peu troublé par diverses questions.

Depuis son enfance, il souhaitait résoudre le problème fondamental de la vie, comme il l’écrivit plus tard dans Réponse à Myôhô-ama :

« Depuis mon enfance, j’ai toujours étudié le bouddhisme avec une seule pensée à l’esprit. La vie des êtres humains est d’une fugacité pathétique. Un homme exhale son dernier souffle sans espoir de respirer à nouveau. Même la rosée emportée par le vent est une image insuffisante pour décrire ce caractère transitoire. Aucun être humain, qu’il soit sage ou insensé, jeune ou vieux, ne peut échapper à la mort. Mon seul désir a donc été de résoudre cet éternel mystère. Tout le reste a été secondaire. »

Dans la salle de pratique du temple, il y avait une statue du bodhisattva Kokûzô (en sanscrit Akâsagarbha). Depuis l’âge de douze ans, Nichiren Daishonin étudia et médita. Des années plus tard, il écrivit, à propos de cette époque: « Ayant cherché à apprendre depuis mon enfance, à l’âge de douze ans, j’ai adressé au bodhisattva Kokûzô la prière de devenir l’homme le plus sage du Japon. » Il ajoute que le bodhisattva Kokûzô lui accorda « un joyau de sagesse », c’est-à-dire qu’il s’éveilla à la réalité ultime de la vie et de l’Univers. Mais, afin de révéler cette illumination, il lui fallait systématiser sa pensée.

En étudiant le bouddhisme, il s’inquiéta tout particulièrement de la surprenante diversité des écoles bouddhiques et des contradictions doctrinales au coeur du canon bouddhique. Il était convaincu qu’il devait y avoir un sûtra, parmi tous les autres, qui exprimait la vérité la plus élevée.

Ordination et années d’études

A l’âge de seize ans, il décida de recevoir l’ordination et prit le nom religieux de Zeshô-bô Renchô. Quelque temps plus tard, il prit congé de son maître Dôzen-bô et partit à Kamakura pour y poursuivre ses études. Là, il se plongea dans les enseignements des écoles Jôdo et Zen. Mais Kamakura était encore une ville nouvelle dont les traditions bouddhiques étaient récentes. Après quatre ans d’études là-bas, Nichiren Daishonin revint brièvement au Seichô-ji, en 1243, et, la même année, repartit pour l’ouest du Japon. Cette fois, il se rendit au mont Hiei, centre de l’école Tendai et plus tard au mont Kôya, point d’ancrage de l’école Shingon, ainsi qu’aux temples les plus importants des régions de Kyoto et de Nara. Après quelque dix ans d’étude au mont Hiei et en divers autres lieux, il parvint à la conclusion que le véritable enseignement bouddhique se trouve dans le Sûtra du Lotus. Ce sûtra représente le coeur de l’illumination de Shakyamuni  ; tous les autres sûtras ne sont que des moyens pour conduire au Sûtra du Lotus.

Première proclamation publique de Nam-myoho-renge-kyo

II revint au temple Seichô-ji au début de 1253. Là, tôt dans la matinée du 28 avril, il récita Nam-myoho-renge-kyo pour la première fois, donnant ainsi la clé, à toutes les générations futures, pour ouvrir la porte du trésor de l’illumination caché dans leur coeur. De plus, il adopta désormais le nom de Nichiren (Soleil-Lotus). A midi, le même jour, il exposa sa doctrine en présence de son maître et d’autres moines et villageois rassemblés dans l’un des jardins du temple. Frottant son chapelet entre ses paumes, il récita Nam-myoho-renge-kyo trois fois. Puis il déclara qu’aucun des enseignements antérieurs au Sûtra du Lotus ne révélait l’illumination du Bouddha et que toutes les écoles basées sur ces enseignements s’égaraient. Il affirma que le Sûtra du Lotus était l’enseignement suprême du Bouddha et que Nam-myoho-renge-kyo, l’essence du Sûtra, est la pratique qui peut conduire tous les êtres à l’illumination à l’époque des Derniers Jours de la Loi.

Rares étaient ceux dans l’auditoire qui pouvaient comprendre le sens du premier sermon de Nichiren Daishonin, mais ils y réagirent avec colère, puisqu’il paraissait mettre en cause leurs propres croyances religieuses.

Le seigneur de la région, Tôjô Kagenobu, adepte convaincu de l’école Jôdo ou Nembutsu, prit des mesures pour faire arrêter Nichiren. Mais bien que ce dernier ait réussi à s’échapper, il décida de quitter la région et d’aller enseigner à Kamakura. Avant de partir, toutefois, il rendit visite à ses parents et les convertit à la nouvelle foi.

En août 1253, il s’installa dans une petite demeure en un lieu appelé Matsubagayatsu, dans un quartier sud-est de Kamakura. Dans cette maison et dans celles de ses bienfaiteurs, il commença à parler des enseignements du Sûtra du Lotus. En certaines occasions, il rendit visite à divers temples de la ville pour débattre avec leurs supérieurs. Il réfuta les croyances de l’école Jôdo, qui énseigne que le salut ne peut s’obtenir que par l’invocation du nom du bouddha Amida, et critiqua également le Zen pour son rejet des sûtras.

Ses attaques irritèrent non seulement les chefs religieux mais les autorités gouvernementales également, parmi lesquelles se trouvaient souvent d’ardents protecteurs des écoles Jôdo et Zen. Il ne tarda pas à rencontrer une opposition farouche, sans pour autant ralentir ses efforts pour propager son enseignement. C’est durant ces années-là que des disciples importants, tels que Shijô Kingo, Toki Jônin, Kudô Yoshitaka et Ikegami Munenaka se convertirent.

Rédaction du Rissho Ankoku Ron

Au début de 1256, le Japon traversa une série de calamités. Tempêtes, inondations, sécheresses, tremblements de terre et épidémies infligèrent de grandes difficultés au pays. En 1257, un tremblement de terre particulièrement violent détruisit de nombreux temples, bâtiments du gouvernement et demeures à Kamakura, tandis que, en 1259 et 1260, une grave famine et une épidémie de peste décimèrent la population.

Nichiren Daishonin eut la conviction que le temps était venu pour lui d’expliquer la raison fondamentale de ces catastrophes. En 1258, iI se rendit au Jissô-ji, un temple à Iwamoto, dans l’actuelle préfecture de Shizuoka, pour y consulter les textes bouddhiques qui s’y trouvaient et réunir des preuves indiscutables afin d’étayer son interprétation des véritables causes du désastre.

Au cours de son séjour dans ce temple, il rencontra un acolyte de treize ans, Hôki-bô, qui fut tellement impressionné par Nichiren qu’il demanda au supérieur du temple la permission de devenir son disciple. Hôki-bô devait devenir par la suite son successeur légitime, le deuxième grand patriarche de la Nichiren Shoshu, Nikkô Shonin.

L’homme le plus influent du pays à l’époque était Hôjô Tokiyori, un ancien régent du shogunat de Kamakura qui s’était retiré dans un temple zen. Le 16 juillet 1260, Nichiren Daishonin présenta à Tokiyori un traité intitulé Rissho Ankoku Ron (Traité pour la paix dans le pays par l’établissement de la Loi correcte). Dans ce texte, il attribuait la cause des récentes calamités au fait que le peuple offensait la Loi correcte et accordait sa croyance à des doctrines erronées. Le culte rendu à Amida, affirmait-il, était la source d’une telle offense. Le pays ne connaîtrait aucun répit à ses souffrances tant que les gens n’auraient pas renoncé à leurs croyances erronées et accepté les enseignements du Sûtra du Lotus. Il avançait des citations des sûtras Konkômyô, Yakushi, Ninnô et Daijuku pour appuyer ses affirmations. Ces sûtras énumèrent sept calamités qui s’abattront sur tout pays hostile au bouddhisme orthodoxe. Sur les sept, cinq avaient déjà frappé le Japon. Nichiren Daishonin prédisait que, si les autorités persistaient à tourner le dos à la Loi correcte, les deux calamités restantes, l’invasion étrangère et la guerre civile, frapperaient également le pays.

Remontrances et premières persécutions

Tokiyori et les officiels du shogunat semblent n’avoir prêté aucune attention au traité. Quand les membres de l’école Jôdo eurent vent de son contenu, ils en devinrent furieux. Certains d’entre eux se rendirent en toute hâte à la demeure de Nichiren Daishonin, à Matsubagayatsu, pour le tuer.

Nichiren Daishonin s’enfuit avec quelques disciples vers la province de Shimôsa, où il demeura un certain temps dans la demeure de Toki Jônin, son disciple en même temps qu’un seigneur influent. Mais son sens de la mission ne pouvait lui permettre d’y rester très longtemps. Moins d’un an plus tard, il était de retour à Kamakura et se remit à prêcher.

Les moines du Jôdo, alarmés par le nombre de disciples qu’il parvenait à convertir, complotèrent pour que des plaintes contre lui soient envoyées au gouvernement de Kamakura. Le régent à l’époque était Hôjô Nagatoki, fils de Shigetoki, et ce dernier était un ennemi déclaré de Nichiren Daishonin. Sans enquête ni procès, Nagatoki tint les accusations pour fondées et, le 12 mai 1261, condamna Nichiren Daishonin au bannissement sur la côte désolée de la péninsule d’Izu. Ce fut la première persécution, infligée par le gouvernement, qu’eut à subir Nichiren Daishonin.

Izu était une région où l’école Jôdo était toute-puissante, et l’exil là-bas comportait de sérieux dangers pour Nichiren Daishonin. Heureusement, il fut hébergé par Funamori Yasaburô, le chef des pêcheurs de la région, et fut traité avec une grande gentillesse. Quelque temps après, le shogunat, probablement à l’instigation de l’ancien régent Hôjô Tokiyori, prit une mesure de pardon et Nichiren Daishonin revint à Kamakura en février 1263.

En août 1264, Nichiren Daishonin, inquiet pour la santé de sa mère âgée, revint dans sa région natale d’Awa. Il trouva sa mère gravement malade — son père était mort peu de temps auparavant —, mais il pria pour sa guérison et elle parvint à recouvrer la santé et à vivre quatre ans de plus. Malheureusement, la nouvelle de son retour parvint au seigneur Tôjô Kagenobu. Alors que Nichiren Daishonin et un groupe de ses disciples se mettaient en route pour aller rendre visite à un croyant de la région, ils furent attaqués par Tôjô et ses soldats en un lieu appelé Komatsubara. Nichiren Daishonin échappa à la mort, mais il fut blessé au front et sa main gauche fut brisée.

En 1268, l’invasion étrangère que Nichiren Daishonin avait prédite parut bien près de se matérialiser. Cette année-là, une lettre des Mongols arriva à Kamakura, exigeant du Japon qu’il se reconnaisse vassal de Kûbîlaî Khân. Les chefs japonais réalisèrent que le pays courait un grave danger. La construction de remparts défensifs fut immédiatement entreprise dans le Kyushu, sur les côtes qui font face à la Corée, et ordre fut donné à tous les temples et sanctuaires du pays d’offrir des prières pour la défaite de l’ennemi.

Nichiren Daishonin, de retour à Kamakura, était convaincu que le temps était maintenant venu pour lui d’agir. Il envoya onze lettres de remontrance à des officiers de haut rang, y compris au régent Hôjô Tokimune, au commandant en chef de la police militaire Hei no Saemon, et aux deux moines les plus influents, à l’époque, à Kamakura, Dôryû de l’école Zen et Ryôkan de l’école Ritsu. Ces lettres résumaient les affirmations du Risshô Ankoku Ron — à savoir que si le gouvernement ne reconnaissait pas la Loi correcte, le pays subirait les deux derniers désastres annoncés dans les sûtras. Les onze destinataires choisirent tous d’ignorer ces avertissements.

La persécution de Tatsunokuchi et l'exil de Sado

En 1271, le pays souffrit de sécheresse prolongée. Le gouvernement, craignant la famine, ordonna à Ryôkan — moine célèbre et respecté de l’école Ritsu, à qui Nichiren Daishonin avait envoyé l’une de ses lettres de remontrances — de prier pour la pluie. Quand Nichiren Daishonin apprit la chose, il lança un défi à Ryôkan, lui proposant de devenir son disciple s’il parvenait à faire tomber la pluie. Mais, s’il échouait, il fallait que ce soit Ryôkan qui devienne disciple de Nichiren Daishonin. Ryôkan accepta le défi mais, malgré ses prières et celles de centaines de moines qui l’assistaient, il ne tomba pas la moindre goutte de pluie. Par contre, Kamakura fut victime de violents ouragans. Ryôkan, est-il besoin de le dire, ne devint pas disciple de Nichiren Daishonin. Au contraire, il commença à comploter contre lui avec Hei no Saemon, chef de la police militaire.

Ryôkan et le moine chinois Dôryû étaient tous deux à la tête de temples, qui avaient été fondés par des officiels de haut rang de la famille Hôjô.

Bien que les fondateurs de ces temples soient morts, leurs femmes continuaient à exercer une forte influence au sein du gouvernement. Ryôkan et Dôryû excitèrent la colère de ces femmes, en leur disant que Nichiren Daishonin, dans ses précédentes lettres de remontrances, avait parlé de manière insultante de leurs maris défunts. Finalement, à la suite de leurs intrigues, une liste d’accusations fut dressée contre Nichiren Daishonin et présentée au gouvernement.

Le 10 septembre 1271, Hei no Saemon ordonna à Nichiren Daishonin de se présenter au tribunal pour répondre aux accusations portées contre lui. Cela marqua le début de la seconde phase des persécutions officielles dont il fut victime. Nichiren Daishonin réfuta avec éloquence les différentes accusations et réitéra sa prédiction d’invasion étrangère et de troubles dans le clan au pouvoir.

Deux jours après cette confrontation, Hei no Saemon et ses soldats firent irruption dans la demeure de Nichiren Daishonin. Bien qu’innocent de toute mauvaise action, Nichiren Daishonin fut arrêté comme un criminel de droit commun et condamné à l’exil sur l’île lointaine de Sado. Pourtant, Hei no Saemon était bien décidé à le faire décapiter sur le terrain des exécutions à Tatsunokuchi. Nichiren Daishonin, ainsi que ses disciples, crurent que sa dernière heure était arrivée, mais, à ce moment, l’apparition soudaine d’un objet lumineux dans le ciel terrifia à tel point les soldats que leur chef décida de surseoir à l’exécution.

Par la suite, Nichiren Daishonin considéra qu’il était né une seconde fois et que cet événement marquait le point de départ d’une nouvelle vie. Une description détaillée de ces événements dramatiques, écrite par Nichiren Daishonin lui-même, se trouve dans le texte intitulé Sur le comportement du Bouddha.

En octobre 1271, Nichiren Daishonin, accompagné par une escorte de militaires, traversa la mer du Japon vers Sado, son lieu d’exil. La seule personne à le suivre était son fidèle disciple Nikkô Shonin. Tous deux furent assignés à résidence dans une hutte délabrée, dans un terrain vague où l’on abandonnait les cadavres des indigents et des criminels. Ils manquaient de nourriture et de vêtements, et n’avaient pas de feu pour se chauffer. Se couvrant de peaux de bêtes et de manteau de paille, ils parvinrent tant bien que mal à survivre au premier hiver.

Avec le temps, la situation s’améliora un peu lorsque Nichiren Daishonin commença à recevoir des dons de nourriture et de vêtements de la part de bienfaiteurs locaux, bien qu’il fût constamment soumis à l’hostilité des moines Jôdo résidant sur l’île. Il consacrait l’essentiel de son temps à prêcher et à écrire. Beaucoup de ses ouvrages les plus importants, parmi lesquels Sur le véritable objet de vénération et Le traité pour ouvrir les yeux, datent de cette période.

Retour à Kamakura et troisième remontrance

Le 18 février 1272, un bateau parvint à l’île de Sado, apportant la nouvelle que des combats avaient éclaté à Kamakura et Kyoto, par suite d’une lutte pour le Pouvoir dans la famille Hôjô. Les prédictions de Nichiren Daishonin, selon lesquelles des désaccords interviendraient dans la classe au pouvoir, étaient vérifiées. Et il ne faudrait pas longtemps avant que le deuxième désastre qu’il avait prophétisé, l’invasion étrangère, devienne probable puisque les Mongols continuaient à envoyer des émissaires exigeant la soumission du Japon.

Au début de 1274, le régent Hôjô Tokimune, qui n’avait jamais totalement approuvé la sévérité du traitement infligé à Nichiren Daishonin, révoqua l’édit de bannissement. Deux ans et cinq mois après sa condamnation à l’exil, Nichiren Daishonin était pardonné et il rentra à Kamakura le 26 mars.

Le 8 avril, Nichiren Daishonjn fut convoqué devant un tribunal militaire. Ce tribunal militaire était présidé par Hei no Saemon, comme celui qui, trois ans plus tôt, l’avait condamné sur la base d’accusations fausses, mais cette fois ce magistrat se conduisit avec réserve et politesse. En réponse à ses questions sur l’éventualité d’une attaque mongole, Nichiren Daishonin déclara qu’il craignait une attaque dans l’année. Il ajouta que le gouvernement ne devrait pas demander aux prêtres Shingon de prier pour la destruction des Mongols, car leurs prières ne feraient qu’aggraver la situation.

Retraite au mont Minobu

Un ancien proverbe chinois dit : « Si un sage avertit son souverain par trois fois, et que, par trois fois, on ne tient pas compte de ses remontrances, il devrait se retirer à la campagne. » Nichiren Daishonin avait prédit la crise à trois reprises — une fois en présentant le Risshô Ankoku Ron, une fois au moment de son arrestation et quasi-exécution à Tatsunokuchi, et une fois encore à son retour de l’île de Sado.

Convaincu que le gouvernement ne tiendrait aucun compte de ses avertissements, il quitta Kamakura le 12 mai 1274 pour une vie de retraite. Il s’installa à trente kilomètres à l’ouest du mont Fuji, dans une petite demeure au pied du mont Minobu dans la province de Kai.

Parce que le lieu était isolé, sa vie au mont Minobu était loin d’être facile. Ses disciples de Kamakura lui envoyèrent de l’argent, de la nourriture et du tissu pour se vêtir, et de temps en temps vinrent le voir en groupe pour recevoir son enseignement. Il consacra la plupart de son temps à écrire. Près de la moitié de ses écrits connus datent de cette période.

Il passa également beaucoup de temps à donner des encouragements et à entraîner ses disciples. Ses cours sur le Sûtra du Lotus prononcés à l’époque furent compilés par Nikkô Shonin pour former l’oeuvre que l’on connaît sous le nom des Enseignements oraux (Ongi Kuden).

En octobre 1274, cinq mois après que Nichiren Daishonin eut choisi de se retirer, les Mongols lancèrent l’attaque déjà décrite plus haut. Dans une lettre à l’un de ses disciples, Nichiren Daishonin se dit amèrement déçu que son avis ait été ignoré, car il était convaincu que le pays aurait pu éviter cette épreuve, s’il avait été écouté.

La persécution d’Atsuhara

Pendant cette période, Nikkô Shonin poursuivait avec succès ses activités de propagation dans la région et il convertit bon nombre de moines et de laïcs autour d’Atsuhara. Les moines du temple Tendai de la région, irrités par son succès, se mirent à harceler les nouveaux convertis. Se servant d’un conflit concernant les droits de propriété d’un terrain, ils envoyèrent une troupe de guerriers attaquer, parmi des convertis, un groupe de fermiers désarmés. Vingt fermiers furent arrêtés et torturés par les autorités gouvernementales, et trois d’entre eux furent décapités.

Cet incident, connu sous le nom de Persécution d’Atsuhara, fut significatif en ce sens que, si les persécutions précédentes avaient pris essentiellement Nichiren Daishonin pour cible, c’étaient cette fois ses disciples innocents qui en étaient victimes. Les fermiers, néanmoins, restèrent solides dans leur foi malgré les menaces des autorités.

Alors que Nichiren Daishonin entrait dans sa soixante et unième année, sa santé commença à faiblir. Sentant sa mort proche, il désigna Nikkô Shonin comme son successeur légitime. Le 8 septembre 1282, il quitta le mont Minobu, dans l’intention de se rendre aux sources chaudes d’Hitachi pour sa santé. En arrivant à la résidence des frères Ikegami, dans ce qui est aujourd’hui un quartier de Tokyo, il réalisa qu’il était trop malade pour continuer. Beaucoup de ses disciples, ayant appris son arrivée, se réunirent chez Ikegami pour le voir. Tôt dans la matinée du 13 octobre, entouré de disciples récitant respectueusement Nam-myoho-renge-kyo, il décéda paisiblement.


Tiré de la préface aux Ecrits de Nichiren Daishonin, vol.1.


› Voir le tableau chronologique de la vie de Nichiren Daishonin


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