Le Penseur, l'une des plus célèbres sculptures en bronze d'Auguste Rodin. 1882, Luxembourg.

Les matérialistes affirment qu’il n’y a pas d’autre réalité que le monde physique ou matériel qui peut se mesurer et se toucher, tandis que certaines traditions spirituelles considèrent le monde physique comme purement illusoire, ou comme quelque chose d’intrinsèquement altéré qu’il convient de transcender, le spirituel étant alors présenté comme la vérité ultime.

Le bouddhisme considère la vie comme l’unité du physique et du spirituel. Il considère toutes les choses, qu’elles soient matérielles ou spirituelles, visibles ou invisibles, comme des manifestations de la même loi universelle fondamentale ou source de vie définie dans la tradition de Nichiren sous le nom de Myoho Renge Kyo. Les aspects physiques et spirituels de notre vie sont totalement inséparables et sont d’importance égale. Ce principe est contenu dans l’expression japonaise shikishin funi. Shiki désigne tous les phénomènes matériels et physiques, y compris le corps humain. Shin désigne tous les phénomènes spirituels et invisibles, tels que la raison, l’émotion et la volonté. Enfin, Funi signifie littéralement « deux mais non deux ».

Nichiren a exprimé ce principe de la façon suivante, dans une lettre adressée à l’un de ses disciples : « Une personne peut connaître l’esprit d’une autre personne en écoutant sa voix. En effet, l’aspect physique révèle l’aspect spirituel. Le physique et le spirituel, qui sont un par essence, se manifestent par deux aspects distincts. »

L’état émotionnel intérieur d’une personne est révélé par son apparence physique. Les sentiments d’une personne d’humeur joyeuse et optimiste se lisent sur son visage, voire dans son allure. A contrario, la démarche triste et les traits d’une personne accablée par la souffrance peuvent témoigner de ses tourments intérieurs.

La vraie santé et le bonheur véritable doivent englober le physique et le spirituel. De nombreux membres de la SGI ont vécu des expériences relatives à l’amélioration de la santé, de l’état physique ou des conditions matérielles. Par la récitation de Nam Myoho Renge Kyo, ils prennent également conscience de l’inséparabilité des aspects physiques et spirituels de leur vie. Au fil du temps, elle se manifeste par un sentiment de bien-être physique et par une clarté et une pureté croissantes des processus de perception et de pensée. Les « bienfaits apparents » de la pratique bouddhique, comme on les appelle, sont essentiellement liés aux aspects physiques et matériels. Les « bienfaits invisibles » d’une pratique bouddhique constante, plus importants sur le long terme, permettent d’accroître la conscience de soi, la sagesse et la compassion envers les autres. Bien entendu, le bienfait invisible absolu est l’Éveil.

Le bouddhisme considère l’être vivant comme l’union harmonieuse de ce qu’il appelle les « cinq composants ». Il s’agit : des aspects physiques de la vie et des sens ; de la perception, qui comprend les impressions reçues par l’intermédiaire des sens ; de la conception, qui nous permet de créer des idées à partir de ce que nous avons ressenti ; de la volition, volonté qui agit sur la conception ; et de la conscience, fonction de discernement qui assure le fonctionnement des autres composants. La vie est la force ou l’énergie qui permet à ces cinq composants de fonctionner ensemble, comme un tout harmonieux et intégré.

La médecine moderne commence seulement à explorer les interconnexions subtiles entre le corps et l’esprit, entre les aspects physiques et spirituels de la vie. En définitive, le bouddhisme considère les aspects physiques et spirituels comme les manifestations vitales de la force de vie inhérente au cosmos lui-même.

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