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Le bouddhisme enseigne que toutes les vies sont reliées les unes aux autres. C’est le principe bouddhique d’“origine interdépendante”, ou “production conditionnée”, selon lequel aucun phénomène n’existe isolément des autres. Le terme japonais pour le désigner est engi, qui signifie littéralement “apparaître en relation”.

Autrement dit, chaque être vivant ou phénomène n'existe qu'en vertu de sa relation avec les autres êtres vivants ou phénomènes. Tout vient à exister en réaction à diverses causes et conditions ; rien ne peut exister de façon totalement indépendante ou apparaître de soi-même.

Pour expliquer ce principe, Shakyamuni employait l’image simple de deux tiges de roseau appuyées l’une contre l’autre : c’est seulement parce qu’elles s’appuient l’une contre l’autre que l'une et l'autre peuvent tenir droites. Enlevez l’une d’elle et l’autre tombera. Et il en est ainsi pour toute chose : parce que ceci existe, cela existe ; parce que cela existe, ceci existe.

Notre identité s'établit à travers nos relations aux autres

Plus précisément, le bouddhisme enseigne que nos vies se développent dans une synergie entre les causes inhérentes à notre vie (notre personnalité, notre expérience, notre manière d’aborder la vie, etc.) et les conditions extérieures qui nous entourent. Chaque vie individuelle participe à l’environnement qui soutient toutes les autres existences. Toutes les choses sont reliées au sein d'une seule et même entité de vie.

Lorsque nous prenons conscience de la multitude des interrelations qui nous relient aux autres, nous comprenons que notre existence n’est significative que lorsqu’elle contribue à celle des autres. C’est grâce à nos liens positifs avec les autres que notre propre identité se développe, s’établit et s’épanouit. Il est par conséquent impossible de bâtir son bonheur sur le malheur des autres. Comme l’écrit Nichiren Daishonin :

Le fait d’allumer une lanterne pour les autres permet d’éclairer son propre chemin.
WND-II, 1060.

L’origine interdépendante régit les relations entre l’humanité et son environnement, entre l’individu et la société, entre parents et enfants, ou entre mari et femme.

Notre capacité à intégrer la perspective de l’origine interdépendante selon laquelle “parce que ceci existe, cela existe” – ou, autrement dit, “grâce à cette personne, je peux me développer” – nous permet d’éviter de créer des relations destructrices et de tout transformer, le positif comme le négatif, afin d’en faire une source de développement, pour soi et les autres.

Dépasser les différences et adopter une perspective élevée

Le bouddhisme enseigne le principe du “choix délibéré du karma” selon lequel chacun “choisit” la famille et les circonstances de sa naissance afin d’être capable de jouer son rôle et de réaliser sa mission en cette vie. Nous sommes donc reliés aux personnes de notre entourage, mais aussi, à un niveau plus profond, à chaque être vivant. Lorsque nous comprenons cela, les sentiments de solitude et d’isolement qui nous causent tant de souffrances s’évanouissent. Nous réalisons que nous faisons partie d’une dynamique, d’un ensemble vivant interconnecté et interdépendant.

Comme l’écrit Daisaku Ikeda : « Nous sommes tous des êtres humains qui, par un lien mystique, sont nés pour partager la même tranche de vie sur cette planète, une minuscule oasis dans le vaste univers. Pourquoi nous quereller et nous brimer les uns les autres ? Si nous pouvions garder à l’esprit l’image des vastes cieux, je suis sûr que nous franchirions un grand pas dans la résolution des conflits et des différends. Lorsque nos yeux sont fixés sur l’éternité, nous en venons à comprendre que les conflits engageant nos petits egos sont réellement tristes et insignifiants. »


Article fondé sur l'article Interconnectedness, tiré de SGI Quarterly, juillet 1999.

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