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Nous devons apprendre à faire plus avec moins, pour préserver les ressources de la planète. Comment sortir du cercle vicieux dans lequel l'humanité s'est engagée, en particulier dans le domaine de l'environnement? Takao Furuno, un agriculteur japonais, a réussi le pari d'éliminer les engrais chimiques au profit d'une agriculture « durable ». Il y a gagné dans tous les sens du terme.

Takao Furuno cultive du riz au Japon, comme son père l'avait fait avant lui. En 1978, constatant les dégâts engendrés par l'emploi des pesticides sur la faune et la flore, il décide de s'en passer. « Les parasites prolifèrent dans les rizières, et M. Furano, qui passe des heures plié en deux pour éliminer les mauvaises herbes, paie de sa santé le prix de ses convictions. »1 Vingt ans plus tard, il découvre une méthode traditionnelle consistant à introduire des canards dans les champs de riz: ils mangent les mauvaises herbes et les insectes, sans toucher aux plants de riz. De plus, leur activité aère l'eau, et leurs fientes jouent un rôle important dans la chaîne alimentaire des plus petits organismes qui vivent dans l'eau.

Les premières années mettront les convictions de l'agriculteur à rude épreuve: les canards sont d'abord emportés par la maladie et, l'année suivante, ils sont dévorés par des chiens! Mais, à force de persévérance, les oiseaux (re)trouvent leur place dans l'écosystème et, après dix ans, la méthode se révèle un succès. M. Furano a fait rentrer sa production dans un cercle vertueux: il ne dépense plus d'argent dans les pesticides, il ne pollue pas l'environnement, il produit du riz biologique en plus grande quantité et de meilleure qualité, il le vend 30 % plus cher que le riz basique, et, en plus, il vend aussi des canards! Non seulement son exploitation fonctionne en symbiose avec l'environnement mais, en plus, elle est devenue très rentable. Depuis, il se déplace dans toute l'Asie du Sud-Est pour promouvoir sa méthode et il a même écrit un livre pour tous ceux qui désireraient s'y initier.

Notre état d'esprit se manifeste dans l'environnement

Les « parasites», qui étaient au départ une fonction destructrice, sont devenus la source de la nutrition et de l'activité des canards, eux-mêmes sources de bienfaits pour la faune, la flore et les plants de riz. C'est un très bel exemple d'intelligence environnementale, qui prouve par A + B que si, c'est possible. Plutôt que de faire la guerre aux « mauvaises » herbes et aux « sales » insectes, on essaie de s'en servir à la fois dans notre intérêt (qualité de la production, économies, etc.) et celui de l'environnement.

Le Dr Mae-Wan Ho, du Kirig's College de Londres, a étudié scientifiquement le système de M. Furano, comme d'autres méthodes biologiques. Il le qualifiera de « parfait, car il ne requiert aucun désherbage chimique »2. Il explique par deux schémas très simples, la différence entre une agriculture parfaitement biologique et l'agriculture dominante avec les engrais.

Celle-ci est comme un vortex, qui aspire de plus en plus largement les ressources de l'environnement en le minant petit à petit.

L'autre est un cercle vertueux, autonome, autosuffisant, et s'autorégénère3. Il s'agit d'ailleurs de l' « idéal bouddhique de symbiose »4, cher à la SGI.

Finalement, n'est-ce pas retrouver à l'échelle de l'environnement la tendance humaine à l'avidité d'un côté - un état dans lequel on est consumé par la faim insatiable de quelque chose - et à l'inverse un état de satisfaction où notre vie prend la dimension de l'environnement?

Nous conclurons cet article par le slogan de Takao Furano: « Un oiseau, dix mille trésors. »


Cap sur la paix n° 771, 10 novembre 2008.

Notes

  • 1. Aurélie Darbouret Magazine Reporters d'Espoirs, edition 2007-2008 p.15.
  • 2. Mae-Wan Ho.
  • 3. Extrait de la transcription de la conférence de Mao-Wan Ho du 4-15 juillet 2005 a Westminster, Londres.
  • 4. Extrait de la Charte de la SGI : « La SGI s'engage à promouvoir la protection de la nature et de l'environnement en se fondant sur l'idéal bouddhique de symbiose. »
  • 5. Mae-Wan Ho.

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Commentaires   
0 #4 GINEL Caroline 15-05-2012 15:39
C'est en fait l'introduction des canards dans la culture du riz qui a été l'idée juste, comment en a t'il était inspiré ?
Et en plus, il a fait preuve d'une trés grande persévérance aux vues des débuts difficiles, peut-être était-il convaincu au fond de lui que cela marcherait ?
Grand exemple de ce que peut être la pervérance !
Je crois que l'humanité doit accumuler des preuves concrétes de plus en plus nombreuses pour s'encourager à croire que le changement est possible : nous pouvons nourrir nos vies sainement et bien traiter cette terre qui nous abrite.
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+1 #3 Juliette Scheiber 05-03-2012 18:56
Génial, une expérience de plus et parfaitement géniale que je vais transmettre demain à Eva Joly qui passe à Allassac en Corrèze un centre d'exploitation arboricole - les pommes - intensive et désastreuse. Continuez à nous donner des expériences comme celle-là ! Merci
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0 #2 Gastard Margaux 09-07-2011 21:01
Merci beaucoup. Cet article me redonne espoir pour l'association que j'ai nouvellement crée. J'ai compris que je dois me servir des obstacles comme moteur de mon activité. Cela m'encourage à persévérer dans ma pratique pour réussir et obtenir la victoire.
Merci encore
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+2 #1 tinna masso salomon 09-02-2011 11:16
Quel merveilleux exemple pour la protection de l'environnement.
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